Gérald Darmanin veut "durcir le droit du sol à Mayotte" avant de s'attaquer au "visa Balladur"

"Mayotte connaît des problèmes structurels et notamment migratoires. Il faut donc changer les règles migratoires à Mayotte qui ne peuvent pas être les mêmes que sur le reste du territoire", a expliqué Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et des Outre-mer au micro du Point lors d'une interview enregistrée pour l'événement "Les Outre-mer aux avant-postes".
Renforcer les règles d'immigration avant de supprimer le 'visa Balladur'
"Pour limiter le flux migratoire, on s'est dit il y a quelques années, que les gens qui vont à Mayotte ne peuvent pas aller ailleurs qu'à Mayotte, c'est ce qu'on appelle les 'visas Balladur'. On a interdit à des gens étrangers qui peuvent venir légalement à Mayotte de venir dans l'Hexagone. C'est une double peine pour Mayotte parce qu'il y a une immigration et ces personnes ne peuvent pas aller dans l'Hexagone. On a créé une frontière à l'intérieur de la France. Ce n'est pas satisfaisant pour les parlementaires mahorais, mais c'est satisfaisant pour nous, car tant que nous n'aurons pas réglé la question de l'immigration, on ne peut pas accepter ce flux migratoire", a expliqué Gérald Darmanin.
Le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer a donc expliqué que le 'visa Balladur' pourrait être remis en cause après une réforme des règles d'immigration à Mayotte qui nécessiterait une réforme de la Constitution.
"Il faut dire que le droit du sol et du sang n'est pas le même à Mayotte que sur le reste du territoire national", a-t-il affirmé avant d'ajouter qu'il faudra "sans doute que nous changions la Constitution pour pouvoir donner à Mayotte un sujet, de façon sécurisée, d'extraterritorialité".
"Il faut changer le droit à Mayotte. À Mayotte, si vous êtes nés de l'un des deux parents qui n'est pas Français ou régulier et que l'autre ne l'est pas non plus dans les trois mois précédant votre naissance, vous n'avez pas le droit à des papiers. Notre volonté est que les deux parents soient Français ou réguliers et cela plus d'un an avant votre naissance", détaille-t-il. Et c'est pour ce durcissement des règles que le gouvernement envisage une réforme constitutionnelle.
Un changement des règles migratoires aurait plusieurs objectifs : "Empêcher les difficultés qui font dérailler les services publics, on l'a vu avec la crise de l'eau. Mais aussi répondre aux questions économiques et sociales." Il annonce qu'un projet de loi pour Mayotte sera présenté dans les prochaines semaines et qui permettra une révolution structurelle de l'île.


