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Albioma : « Nous sommes prêts à continuer les discussions, la porte est ouverte »

La grève au sein d'Albioma repose sur des revendications qui perdurent depuis février dernier. Geoffroy Mercier, directeur de la zone océan Indien d’Albioma, revient sur ce mouvement social et réaffirme sa volonté de dialogue, malgré une situation jugée délicate.
Ecrit par Pierrot Dupuy et Julien Delarue – le jeudi 24 octobre 2024 à 10H11

« Albioma est une entreprise très soucieuse du dialogue social. Dès le début, nous avons pris en compte les revendications des organisations syndicales et avons cherché des solutions. Des échanges ont eu lieu avec notre direction à Paris et notre département des ressources humaines, ainsi que des médiations avec des tiers choisis par les deux parties. Et je tiens également à remercier le personnel non gréviste pour son engagement sans relâche dans ces moments de tension », explique Geoffroy Mercier.

Cependant, malgré la mise en place de médiateurs, aucun accord n’a pu être signé. La situation s’est même tendue au point de mener à une mobilisation depuis jeudi dernier, qui a causé des coupures d'électricité sur l’île. EDF a dû intervenir pour éviter une coupure généralisée. A ce titre, Albioma regrette les nuisances touchant la population. Tout comme l'entreprise condamne fermement les actions qui ont été menées dans la nuit de mercredi à jeudi dans les centrales du Gol et Bois-Rouge.

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Albioma, acteur historique de l’énergie à La Réunion, couvre 40 % de la production électrique de l’île, en plus de fournir la vapeur nécessaire aux sucreries du Gol et de Bois Rouge. Forte de cette relation de longue date avec le territoire, l’entreprise est également engagée dans le secteur du photovoltaïque et travaille à développer la géothermie. Pour Geoffroy Mercier, les enjeux sont clairs : « Nous avons une grande responsabilité envers les Réunionnais. Nous devons garantir l’approvisionnement en électricité et soutenir la campagne sucrière. »

"Il semble naturel que la voie à privilégier soit le dialogue au sein de l’entreprise"

Les revendications des grévistes, bien que nombreuses, concernent notamment les conditions de travail et l’application rétroactive de la Convention collective de l’industrie de l’électricité et du gaz (IEG). « Nous bénéficions de cette convention depuis 2002, mais les revendications des syndicats incluent son application rétroactive. Cela concerne principalement les salariés embauchés avant 2002, » précise le directeur de la zone océan Indien, qui se défend de toute volonté de remettre en cause le statut des employés, car Albioma respectera toujours le code du travail. « Il y a une incompréhension : nous ne souhaitons pas dégrader les conditions de travail (...) Nos propositions ont également porté sur les perspectives d’avenir et les nouveaux métiers. »

La qualité de vie au travail (QVT) et la sécurité des employés sont également au cœur des préoccupations d’Albioma. « Nous souhaitons discuter de l’organisation du travail, de la QVT et de la sécurité. Ces éléments sont essentiels pour garantir un équilibre entre les besoins des salariés et ceux de l’entreprise, » souligne Geoffroy Mercier, qui se dit « prêt à continuer les discussions. La porte est naturellement ouverte ».

Une des autres inquiétudes des syndicats porte sur le rôle de KKR, un fond d'investissement américain, qui a racheté Albioma il y a deux ans. Pour Geoffroy Mercier, il est important de dissiper les craintes : « KKR est une opportunité pour notre territoire. C’est un investisseur responsable, qui a déjà injecté 150 millions d’euros à La Réunion. Contrairement aux idées reçues, il ne fait pas pression sur les négociations sociales. C’est un partenaire qui s’engage dans le développement des Outre-mer, et c’est une chance pour nous. »

Toutefois, l’issue de la grève reste suspendue à une éventuelle médiation orchestrée par l'Etat, une demande des grévistes. « Ce n’est pas à nous de décider de mettre une médiation de l’Etat. Mais nous sommes une entreprise, et il semble naturel que la voie à privilégier soit le dialogue au sein de l’entreprise» déclare Geoffroy Mercier, se montrant prudent quant à la suite. « Nous attendons de voir ce que proposera la préfecture. Les enjeux sont importants et nous devons tous assumer nos responsabilités pour le bien du territoire. »

Mais pour Geoffroy Mercier, cette impasse, qui perdure depuis février, est surprenante. « Je suis étonné que nous ne soyons pas encore parvenus à un accord. Mais nous restons optimistes pour une sortie rapide de cette crise, » conclut-il, rappelant l’engagement d’Albioma à La Réunion.

 

Etiquettes : Albioma | Grève | syndicats

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