Game is over

Jugez vous-même. Le Brésil a 212 millions d’habitants, la Russie 144 (Chiffre 2020). Une telle rencontre au sommet de leur chef d’Etat prend beaucoup de temps de préparation et mobilise beaucoup de monde, en particulier, les diplomates qui doivent négocier et rédiger des documents qui engagent les 2 pays. Sans compter le personnel logistique. Le contexte pandémique exige encore plus de vigilance. Il faut gérer une visite qui s’étale du 14 au 17 février.
On peut raisonnablement penser que les Américains connaissaient cet agenda et qu’ils n’allaient pas applaudir à une telle initiative qui offre à la Russie une ouverture exceptionnelle sur le vaste continent. Finalement, il faudra se demander pourquoi tous les efforts déployés pour enrayer ce déplacement ont-ils échoué? Mêmes interrogations pour empêcher la tenue des JO à Beijing.
Avançons une hypothèse. Le vainqueur de la guerre froide n’admet pas que le monde a changé. Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine sont membres fondateurs des « BRIC ». Avec l’Afrique du Sud, le PIB des BRICS peut égaler à court terme celui du G6 composé des Etats Unis, Allemagne, Japon, France, Royaume Uni et Italie. Le Mexique est la porte d’entrée de ce grand ensemble qui pourrait regrouper la moitié de la population mondiale. Les BRICS disposent de leur Banque de Développement dont le siège est en Chine.
L’expérience positive du multilatéralisme est le signe de notre temps. Par contre, les échecs successifs des Américains annoncent sur l’écran "game is over".


