François Bayrou met en jeu son gouvernement ce lundi

Le Premier ministre François Bayrou sollicitera un vote de confiance ce lundi 8 septembre après avoir présenté son budget d'austérité en vue de réduire la dette. La plupart des groupes politiques de l'Assemblée nationale ont annoncé qu'ils ne se prononceront pas en faveur du texte. Si c'est bien le cas, le locataire de Matignon devra quitter son poste.
Le gouvernement de François Bayrou risque fortement de tomber ce lundi 8 septembre au terme d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale. Le Premier ministre présentera sa réforme du budget de la France qui vise à réduire les dépenses afin de prendre en compte la hausse de la dette.
Un projet de budget très contesté
Ce texte est jugé par François Bayrou comme primordial pour la survie économique de la France, mais fait l'objet de vives critiques de la population, des syndicats et des formations politiques de presque tous les bords.
Le chef du gouvernement souhaite réaliser 43,8 milliards d'euros d'économies pour "sortir du piège mortel du déficit et de la dette". François Bayrou souhaite notamment supprimer deux jours fériés (le 8 mai et le lundi de Pâques) ce qui devrait rapporter 4,2 milliards d'euros par an. Il demande aussi à augmenter les franchises médicales, qu'il tente de faire passer avant le vote de confiance, le gel des prestations sociales et des barèmes fiscaux.
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François Bayrou appelle à ne pas débattre "que des mesures", mais de la "nécessité vitale de dépenser moins et de produire plus" pour "retrouver l'équilibre de la dette d'ici à 2029."
Les formations politiques se sont quasi unanimement exprimées contre les propositions de François Bayrou. "Il ment pour affoler les marchés financiers", a déclaré Jean-Luc Mélenchon, fondateur de LFI. Marine Le Pen, du RN, qualifie les mesures "d'aussi injustes qu'inefficaces". "Bayrou veut faire des économies sur les malades, les chômeurs, les retraités, les travailleurs, les jeunes… les seuls à être épargnés sont les grandes fortunes", dénonce quant à lui Olivier Faure du PS.
Des députés impatients de faire tomber François Bayrou
Les groupes politiques de l'Assemblée nationale ont pour beaucoup exprimé leur souhait de voir Matignon changer de locataire. Des consultations sont organisées entre les chefs de partis et François Bayrou depuis lundi mais n'ont pas permis de trouver de terrain d'entente.
Ainsi, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont confirmé qu'ils ne voteront pas la confiance au gouvernement. Le PCR n'a pas non plus changé d'avis et Raphaël Glucksmann, de Place Publique, affirme que son groupe ne signera pas de "chèque en blanc". Pour le Parti socialiste, la décision est "irrévocable" et leur premier secrétaire est prêt à reprendre la main à Matignon.
Du côté de la droite, les Républicains partiront divisés à l'hemicycle. Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, appelle ses élus à voter la confiance, mais les députés LR plus proches de Laurent Wauquiez ne sont pas convaincus.
Mardi, Emmanuel Macron a volé au secours de François Bayrou et a convié les formations politiques susceptibles de voter la confiance à un déjeuner à l'Elysée. Les représentants de Renaissance, Horizons, du LR et du Modem, notamment, étaient présents.
Mais selon les projections, si François Bayrou n'arrive pas à obtenir le soutien de députés au-delà de la coalition présidentielle, il sera contraint de démissionner.


