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Franco et la stratégie du bouc émissaire

Répondant à un article de Zinfos disant que « Paul Vergès a désormais un boulevard devant lui pour les Régionales 2010 , Antoine Franco a répliqué par un post écrit le 6 octobre dernier.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 12 octobre 2009 à 07H44

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A ses yeux, le bilan de Vergès depuis 1998 est catastrophique : "Toujours pas de route du littoral, 110.000 illettrés, 130.000 chômeurs, 300.000 personnes relevant de la CMU, 30.000 demandeurs de logements, 52% des familles vivant sous le seuil de la pauvreté, plus de 400.000 Réunionnais ghettoïsés dans leur île par des billets d'avion hors de prix, aucune égalité économique avec des prix de 50% à 150% plus chers qu'en métropole, aucune égalité de citoyenneté, une fille rémunérée à 7.800 € par mois depuis 2003, un fils qui cumule les fonctions et surtout les revenus, une route des Tamarins magnifique mais à 500 millions € plus cher et un budget de fonctionnement inconnu, un projet de tram-train qui va coûter au final (…) un endettement insupportable".

L’action et la politique de Vergès ne sont pas parfaites et sont légitimement critiquables. Mais peut-on lui faire porter le poids d’une situation que l’on retrouve aussi dans les 3 DOM, qui est décrite bien avant l’arrivée au pouvoir du président de Région ? Une situation qui résulte aussi d’un complexe partage de compétences et de responsabilités et auquel veulent mettre fin les Etats Généraux ?

En politique un élu s’expose nécessairement à la critique. Dans son bilan, Franco omet dans la liste d’échecs à mettre au compte du président de région d’autres points : l’augmentation de la violence ; la pollution, le tabagisme, etc. La démarche va au-delà de la simple critique politique.

Franco applique le principe du bouc émissaire, cette attitude séculaire consistant à attribuer à une personne ou un groupe minoritaire, tous les malheurs, toutes les fautes.

Un "pervers envieux"

Il utilise un des plus puissants mécanismes issus des sociétés primitives. Accusé d'être responsable des problèmes réels ou supposés réels, le bouc émissaire, endosse symboliquement la "faute" et permet à la société d'éviter de poser les bonnes questions, de rechercher les vraies responsabilités.

Le bouc émissaire est une victime expiatoire. Cela marche d'autant mieux lorsqu’il est déjà perçu négativement et stigmatisé. Cette façon de procéder est l'une des expressions les plus fréquentes du populisme.

Le recours au bouc émissaire a une autre signification. "Fixer son attention admirative sur un modèle, c'est déjà lui reconnaître ou lui accorder un prestige que l'on ne possède pas, ce qui revient à constater sa propre insuffisance d'être" écrit René Girard dans "Mensonge romantique et vérité romanesque".

Celui qui recourt à la stratégie du bouc émissaire est qualifié par des psychanalystes comme étant un "pervers envieux".

Pour Lacan, c’est une personne qui hait la singularité parce que elle-même en est dépourvue. "Elle projette sur autrui les difficultés qu'elle pourrait avoir elle-même parce qu'elle est démunie des outils pour les résoudre".

Franco devrait réfléchir à cela. Ne joue-t-il pas en l’occurrence le rôle de "pervers envieux" ?

Aline Payet
Saint-Paul

 

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