Fin des contrats PEC : Saint-Paul débourse 3 millions d'euros pour sauver sa rentrée scolaire

En réponse à la suppression massive des Parcours Emploi Compétences décidée par le gouvernement, la commune de Saint-Paul a dû revoir en urgence son organisation interne. Entre la création de garderies municipales, la réaffectation de personnels et un effort financier de 3 millions d'euros, le maire Emmanuel Séraphin détaille les arbitrages réalisés pour préserver la rentrée et maintenir la qualité du service public éducatif.
« Un cataclysme au niveau des collectivités ». C’est ainsi que le maire de Saint-Paul, Emmanuel Séraphin, qualifie l'annonce de la suppression massive des Parcours Emploi Compétences par l’État. À la Réunion, où ces contrats financent une part essentielle du service éducatif, l'onde de choc a directement menacé l'organisation de la rentrée 2026-2027. Face aux interrogations sur le soutien de la préfecture ou de Paris, le constat du maire est sans appel : « L'État nous a totalement largués dans le cadre de ces dispositions ». La dotation accordée à la commune s'est en effet effondrée, passant de 434 contrats en 2025 à seulement 91 renouvelés cette année.
Un arbitrage budgétaire de 3 millions d'euros
Pour éviter la désorganisation des établissements et combler le retrait de l'État, la Ville a dû intervenir financièrement et humainement. « Pour nous, c'est 3 millions d'euros. On a dû revoir parce que maintenant quand vous regardez l'école, vous vous rendez compte que à part les enseignants, tout est pris en charge par la collectivité communale », souligne le maire. Il ajoute : « Et on ne souhaite pas que demain l'évolution, ce soit l'État dit : Mais paye aussi les enseignants, et là ça va être très compliqué ».
Au total, 380 contrats ont été repris directement par la municipalité. Pour y parvenir, des choix stratégiques ont été nécessaires : « On a dû réarbitrer notamment sur le service environnement. On a fait basculer tous les contrats au niveau des écoles ». Ce sont ainsi « les services communaux qui ont pris poste par poste et qui ont rebâti un système au niveau des écoles pour faire de la mutualisation ».
Des garderies municipales créées en urgence
L'impact de la fin des contrats aidés s'est également fait sentir du côté du tissu associatif. « Là où les associations étaient défaillantes sur le périscolaire, on a créé dès le mois de juillet un service périscolaire où nous assurons avec du personnel communal le matin et le soir la garde des enfants sur quatre écoles », explique Emmanuel Séraphin. Ce dispositif municipal, qui évite de laisser les familles sans solution, fonctionne de 7h à 8h et de 15h30 à 17h30 dans quatre établissements ciblés : les maternelles de Grande Fontaine et Laperrière, la primaire de Petite France et l'élémentaire Jean-Luc Daly Eraya.
L'éducation maintenue comme priorité absolue
Malgré la contrainte budgétaire, la municipalité refuse de revoir ses ambitions à la baisse. « Mais nous, on a mis une ambition éducative élevée à Saint-Paul. On pouvait pas se dédire et c'est pour ça que on a mis les moyens pour que nos enfants, cet avenir pour la Réunion demain, ait le meilleur système éducatif », affirme le maire.
Il rappelle que le budget de l'éducation représente « 21 % du budget global de la commune » (soit 51 millions d'euros) et insiste sur cet engagement : « Moi-même, beaucoup de personnes sont issues du dispositif éducatif. Sans l'école, aujourd'hui, on ne serait pas là ». En parallèle des 13 350 repas servis chaque jour à la cantine (dont 72 % en gratuité), la Ville poursuit ses investissements avec 11 millions d'euros pour la rénovation thermique de 5 écoles, 3,9 millions d'euros pour l'école du Ruisseau et la gratuité des fournitures programmée pour la rentrée 2027-2028.
Emmanuel Séraphin conclut sur la suite du calendrier : « Là, on est sur une adaptation et la vraie rentrée, ça va être en 2027 où on aura consolidé les postes, modifié les fiches de poste parce qu'il faut passer en CST, il faut que l'ensemble des dispositions soient mises en œuvre au niveau réglementaire »


