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Filière REP : une progression historique pour La Réunion avec 91.352 tonnes de déchets collectés en 2024

Ecrit par S.I. – le jeudi 4 décembre 2025 à 16H59

Sur un territoire confronté à des contraintes logistiques fortes, La Réunion parvient à structurer un véritable écosystème autour des filières REP. Le bilan 2024, qui atteint un record de plus de 91.000 tonnes collectées, illustre une mobilisation sans précédent.

La Réunion a franchi une étape décisive dans la gestion de ses déchets. Le bilan 2024 des filières à Responsabilité Élargie du Producteur (REP), présenté ce jeudi sur le site de SUEZ à Saint-André par le Syndicat de l’Importation et du Commerce de La Réunion (SICR), l’ADEME et les éco-organismes, révèle une progression historique. Les filières dites « historiques » atteignent désormais 63.251 tonnes collectées, soit une hausse de 5 % par rapport à l’année précédente.

Plus de 32.000 tonnes d'emballages et papiers collectées

Dans les filières REP historiques, plusieurs catégories enregistrent des hausses significatives, notamment les déchets diffus spécifiques qui passent de 75 à 121 tonnes, ainsi que les panneaux photovoltaïques dont les volumes sont multipliés par 2,5, de 325 à 773 tonnes. Les emballages et papiers restent la filière la plus volumineuse avec 32.097 tonnes collectées, en légère hausse de 3 %. Les DEEE ménagers (équipements électriques et électroniques) atteignent 8.839 tonnes (+5 %), tandis que les DEEE professionnels connaissent une progression marquée de 30 %, passant de 616 à 800,5 tonnes.

Certaines filières affichent également des évolutions notables, comme les piles et accumulateurs portables dont la collecte progresse de 33 %, pour atteindre 124 tonnes, ou encore les éléments d’ameublement qui augmentent de 27 %, passant de 1.460 à 1.852 tonnes. Les huiles minérales usagées connaissent une hausse de 13 % avec 2.733 tonnes collectées, tout comme les produits phytosanitaires agricoles, en augmentation de 13 % également. Les véhicules hors d’usage progressent de 5 % pour atteindre 4.021 tonnes, et les textiles collectés représentent 1.697 tonnes, en légère hausse de 2 %.

Cette progression témoigne d’une montée en puissance continue des dispositifs de collecte, d’un meilleur ancrage dans les pratiques quotidiennes et d’un engagement croissant des acteurs publics et privés, expliquent ces derniers.

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Six nouvelles filières en 2024

L’année 2024 a notamment été marquée par la mise en place simultanée de six nouvelles filières : jeux et jouets, bricolage et jardin, bricolage et jardin thermiques, outillage du peintre, produits et matériaux de construction du bâtiment (PMCB) et articles de sport et de loisirs. À elles seules, ces nouvelles catégories représentent plus de 28.100 tonnes de déchets collectés. Elles sont dominées par les produits et matériaux de construction : 27.000 tonnes pour le flux inerte géré par Écominéro et 1.020 tonnes pour le flux plâtre pris en charge par Ecomaison. Les jeux et jouets représentent 48,9 tonnes, tandis que les articles de sport et de loisirs atteignent 23 tonnes. Les filières liées au bricolage et au jardin restent plus limitées, avec 5,3 tonnes pour Ecomaison, 3 tonnes pour la filière thermique d’Ecologic et 0,3 tonne pour l’outillage peintre d’EcoDDS.

Au total, les filières historiques et nouvelles cumulent 91.352 tonnes de déchets collectés sur l’année 2024 à La Réunion.

« Ces filières, année après année, prennent de l’ampleur. Le travail collectif commence à porter ses fruits, et atteindre près de 91.000 tonnes collectées est une grande fierté pour le SICR et pour les éco-organismes », souligne Philippe-Alexandre Rebboah, président du SICR. Il salue notamment l’implication du public et la montée en compétence des opérateurs locaux, qui ont permis d’améliorer la qualité de la collecte tout en développant des circuits de valorisation locaux. 

Le réemploi en forte progression

La loi AGEC, qui impose que 5 % de l’éco-participation soient consacrés au réemploi et à la réparation, produit également ses premiers effets visibles à La Réunion. Pour la première fois, le bilan intègre des données précises sur le réemploi : 1.050 tonnes de produits ont été remises en circulation en 2024. Ce résultat concerne plusieurs filières, des équipements électriques aux textiles en passant par les jouets ou les articles de sport. 

La filière des jeux et jouets illustre particulièrement cette dynamique : sur 49 tonnes collectées l’an dernier, 41 ont été réemployées, soit un taux de 84 %. Une performance qui confirme le potentiel du réemploi dans un territoire insulaire où les coûts d’exportation et de traitement sont particulièrement élevés. 

Sécuriser les batteries lithium-ion : un défi majeur pour les années à venir

À Saint-André, le choix du site de SUEZ pour dévoiler le bilan n’est pas dû au hasard. L’industriel s’est récemment doté d’un nouvel équipement destiné à sécuriser les batteries au lithium, un enjeu majeur pour les années à venir. La filière dédiée aux batteries lithium-ion, actuellement en préparation, sera l’une des plus complexes à structurer. « Un premier bateau devrait quitter La Réunion entre la mi et la fin décembre 2025 pour réexpédier les batteries vers la France hexagonale. Ce sera un véritable laboratoire flottant, qui nous permettra de collecter des données avant la mise en œuvre complète de la filière en 2026 », explique le président du SICR. 

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Au-delà des chiffres, ce bilan met en lumière la structuration croissante d’un véritable écosystème. En 2024, le SICR représentait 16 filières et 10 éco-organismes. Aujourd’hui, la plateforme élargie en fédère 26, regroupant 18 éco-organismes et quatre organismes collectifs. Cette montée en puissance organisationnelle permet une meilleure coordination, la mutualisation des outils et un accompagnement renforcé des nouveaux acteurs qui s’implantent sur le territoire. 

La Réunion, un modèle régional de l’économie circulaire

Pour Philippe-Alexandre Rebboah, l’enjeu des prochaines années sera de consolider cette dynamique. « Nous devons continuer à animer et structurer les filières, être proactifs et accueillir de nouveaux éco-organismes. Ensemble, nous voulons que La Réunion devienne un territoire encore plus responsable qu’aujourd’hui », affirme-t-il. L’objectif est de poursuivre l’amélioration de la collecte, de renforcer le réemploi, de développer des filières de recyclage performantes et de maintenir l’engagement de l’ensemble des acteurs du territoire. 

À l’heure où les territoires insulaires sont confrontés à des contraintes croissantes en matière de gestion des déchets, ce bilan 2024 positionne La Réunion comme un modèle régional en matière d’économie circulaire. La progression des tonnages collectés, l'intégration de nouvelles filières et l’émergence de dispositifs structurants comme les fonds de réemploi illustrent une transition désormais bien engagée. L’île, longtemps freinée par ses contraintes géographiques, confirme sa capacité à inventer des solutions adaptées, durables et ambitieuses.

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