"Fermez votre bouche", "prenez un calmant"... Une ambiance toujours aussi "apaisée" à la Cirest

Le deuxième conseil de la mandature a été marqué ce mercredi 22 avril par une nouvelle mise à l’écart des "petites" communes - qui ont voté de concert avec l’opposition sur plusieurs dossiers - et des échanges âpres autour de la hausse des indemnités du (seul) premier vice-président.
À la Cirest, il faut des heures pour faire un vote, mais il suffit de quelques minutes pour provoquer un clash. De nouveau, l’élection de la commission d’appels d’offres, ce mercredi 22 avril, à l’occasion de la deuxième séance de l’année, a donné lieu à une interminable séquence de près d’une heure pour élire ses nouveaux représentants. Une séquence toutefois révélatrice des nouveaux clivages qui fissurent (déjà) l’EPCI de l’Est.
Les "petites" communes votent avec l’opposition
Candidate, l’opposition de Saint-André, forte de cinq membres, a bien failli récupérer deux postes sur les cinq en jeu grâce à l’appui des "petites" communes. Avec 47 votants sur la ligne de départ - Jean-Hugues Ratenon étant absent (démissionnaire de son mandat à la Cirest, dans la foulée de son mandat de conseiller municipal, il sera remplacé par Jérémy Vidot) - la nouvelle majorité, formée par Saint-André et Saint-Benoît, a obtenu 33 voix, et la liste emmenée par Laurent Virapoullé 13 voix, soit 8 de plus que prévu.
En ajoutant un vote nul, la conclusion est simple : la majorité des petites communes, parlant désormais d’une seule voix, a voté de concert avec l’opposition de Saint-André.
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Pas de représentants des "petites" communes au sein de la commission. Alors que le nom du maire de la Plaine-des-Palmistes, Johnny Payet, a été annoncé en premier par le président de la Cirest, il figurait en dernier sur le bulletin de quatre noms proposé par la majorité. Résultat : la commission est désormais composée de Laurent Virapoullé pour l’opposition, de deux élus de la majorité de Saint-André (Georges Parvedy et Laurent Ramassamy) et de deux élus de Saint-Benoît (Bruno Robert et Anne Chane-Kaye-Bone-Tavel).
Interrogé en marge des débats, Laurent Virapoullé remercie ses collègues des "petites communes", qui se sont "rebiffées avec ce soutien inattendu, nous veillerons au grain pour faire en sorte que s’il devait y avoir la moindre anomalie, nous saisirons les autorités administratives, alors qu’un parfum de corruption plane au-dessus de la Cirest (en référence à un article du Quotidien concernant l’attribution de terrains dans le cadre de l’extension de la ZAE Paniandy, NDLR)".
Débats tendus autour des Indemnités
Un quasi-remake du vote, un peu plus tôt, du dossier précédent, le plus attendu, sur les indemnités, marqué par la hausse de près de 48 % de celle du seul vice-président, Patrice Selly.
Prise de parole immédiate dans l’opposition de Saint-André d’Olivier Désiré : "Je ne conteste pas le droit, mais je me pose des questions sur notre exemplarité alors que nos concitoyens vivent difficilement et luttent pour boucler leurs fins de mois. Quel message envoyons-nous à la population ?", déclare l’élu saint-andréen.
Et de demander de "réviser" le dossier "et de porter un message plus grand en matière d’exemplarité ?"

Le président, Joé Bédier, donne rapidement le micro à son premier vice-président, pour qui, sur ce sujet : "Je ne suis pas certain qu’il y ait nécessité à polémiquer. C’est vous qui avez renvoyé cette image, il n’y a pas lieu de polémiquer. Tout est légal, il s’agit de l’enveloppe disponible, elle n’évolue pas entre la précédente mandature et celle-ci", rétorque le maire de Saint-Benoît.
Comme il l’avait déclaré à Zinfos974, il dit assumer cette décision : "J’assume complètement qu’un élu bénéficie d’une indemnité. Nous sommes tous des citoyens, nous faisons partie de la population. Je m’engage à 100 %, c’est un arrêt total de ma profession d’avocat pour me dévouer entièrement à mes mandats de maire et de premier vice-président de la Cirest. C’est du 100 % du lundi au dimanche, au détriment d’une vie familiale et personnelle. Ce n’est pas un salaire, c’est une indemnité. Il n’y a pas lieu de débattre davantage."
Il confirme qu’il devrait récupérer la délégation du développement économique, "ce qui demandera davantage de travail et de réunions". La liste des délégations n’a pas été présentée hier, mercredi 22 avril, et est toujours en cours d’élaboration, nous indique-t-on à la Cirest.
"Médecin à l'eau sucrée"
Au tour de Jean-Marie Virapoullé d’intervenir : "C’est peut-être légal mais pas moral. Lors de son investiture, Joé Bédier a dit qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les 14 vice-présidents, mais oui, dans les indemnités, il y a une inégalité de traitement. Il y a un fossé entre les discours et la réalité, c’est une première depuis l’existence de la Cirest."
"Il y a une vraie question à se poser sur le statut de l’élu", intervient Joé Bédier. Interrompu par son opposant, il durcit le ton : "Fermez le micro et votre bouche", lance-t-il à l’élu, qui lui conseille en retour de "prendre un calmant". "Vous êtes un médecin à l’eau sucrée", lui renvoie le maire de Saint-André… Ambiance.

Plus de "petites" communes à la SPL Estival
Preuve que les frontières entre opposition et majorité sont rebattues, l’affaire est votée avec les voix de Saint-André et de Saint-Benoît, contre les 5 élus de l’opposition de Saint-André et avec 11 abstentions, celles de Bras-Panon, Salazie, Sainte-Rose et de la Plaine-des-Palmistes. À noter l’absence, hier mercredi 22 avril, au conseil de la maire de Salazie, Sidoleine Papaya.
Une cassure de nouveau visible au moment de nommer les 8 représentants de la Cirest au sein de la SPL Estival. Avant de passer au vote, Patrice Selly demande une suspension de séance pour probablement évoquer les sujets avec le président de la Cirest. Les autres maires ne sont pas conviés à la discussion.
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Au retour, si la Plaine-des-Palmistes et Salazie récupèrent deux sièges de représentants au sein du Parc national, il n’y a (plus) de membres des "petites" communes au sein du futur bureau de la SPL Estival, dans lequel siègeront quatre élus de Saint-Benoît (Ridwane Issa, Matthieu K. Bidy, Sylvie Payet et Xavier Mandrin) et quatre de Saint-André (Jean-Marc Péquin, Laurent Ramassamy, Laurent Papaya et Alexa Soupou).
Dans le précédent bureau, chaque commune était représentée.
"Compte tenu de l’importance de la SPL Estival, dont vous avez vous-même souligné les difficultés en portant plainte au pénal", Laurent Virapoullé demande à Joé Bédier qu’un membre de l’opposition siège également. "Plus de place", rétorque le président de la Cirest.
"On peut regretter ce genre de pratiques", juge l’opposant, "ça a toujours été comme ça. Quand j’étais dans l’opposition comme vous, on ne m’a jamais proposé un poste."
A la Cirest, "l'apaisement", ce n'est pas encore pour maintenant.


