Femme je vous aime !

Résister à l’oppression. Juste un monde plus juste. Je veux du respect, Danielle Mitterrand nous prouve que son cœur de femme bat au rythme régulier du métronome sans jamais dévier dans l’indifférence. Un cœur qui s’affole pour les autres. Les autres sont des gens venus des pays où le soleil brille et montre la misère humaine au grand jour. Des personnes venues de très loin, chercher fortune, trouver enfin le bonheur dans le pays de la Liberté. Le pays de Balzac et d’Hugo. Seulement, ils ne savaient pas que chez les riches la misère existe aussi. À force de baratin, ils se font blouser par des passeurs clandestins sans scrupule appâtés par le gain.
Madame, vous avez pris votre crayon comme l’abbé Pierre prend son bâton de pèlerin à chaque fois que notre société va mal. Il vaut mieux s’adresser au bon Dieu qu’à ses saints. Vous ne vous êtes pas orientée vers un ministre, un député ou un de ces machins qui papillonnent au sourire crétin au vingt heures chez Poujadas ou P.P.D.A. Non madame !
Vous avez touché le sommet de l’Etat, le président de la république lui-même et mis Jacques Chirac au pied du mur. Vous l’obligez à faire face à ses responsabilités d’homme pour faire oublier qu’un monsieur au grand nom n’a pas toujours un cœur d’acier. C’est avec le talent incontesté qui vous va si bien que votre lettre sur les ondes de la radio fut diffusée. Vos mots pointus comme la flèche ont atteint leur but en plein cœur de la raison. Car dès le lendemain sans tarder une solution fut trouvée pour loger en attendant mieux ces personnes entassées comme du bétail dans le gymnase de Cachan.
Madame l’Histoire prouve que vous êtes encore et toujours considérée par bon nombre de Français comme la première dame de France. Je vous aime d’un amour absolu comme j’ai aimé votre mari et il m’arrive de parler de lui au présent.
Gilles Bayet


