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Face aux incertitudes du budget 2025, le Département de La Réunion surveille ses dépenses

Ecrit par Lucas Candessoussens – le mardi 26 novembre 2024 à 16H45
© Département de La Réunion

J-1 avant la séance plénière du conseil départemental de La Réunion. Avec les incertitudes autour du budget soumis par l’exécutif, les collectivités départementales se retrouvent amputées de moyens financiers. Au palais de la Source, on s'inquiète des finances, et les élus souhaitent maintenir les finances au même niveau que l'année passée.

« J’ai demandé et obtenu satisfaction que le Département ne verra pas son budget diminuer par le gouvernement. L’État va prélever 5 milliards d’euros sur les collectivités, dont 2 milliards sur les départements. Pas à La Réunion. […] C’est pour moi un élément de justice sociale, parce que nous sommes sur un territoire éloigné », affirme Cyrille Melchior. « Je suis un président inquiet, si le budget de l’État n’est pas voté dans le temps imparti. Cela nous mettrait en difficulté, car certaines décisions doivent être prises, elles ne seraient pas votées. Un budget doit être sincère. Je surveille de près ce qu’il se fait à Paris, car toutes les décisions prises ont un impact direct à La Réunion. »

Au cœur de ces préoccupations : le gel de la TVA, et la hausse des cotisations de la Caisse nationale des retraites des agents des collectivités locales, ce qui représente une « perte » de 15 millions d’euros. Mais aussi, la baisse des recettes liée à la crise du marché immobilier, entraînant « une chute des frais de notaires » et la péréquation nationale des droits de mutation.

Pour rappel, le budget primitif du Département s’élevait l’an passé à 1 milliard 327 millions d’euros, qui proviennent en quasi-totalité de financements externes. La collectivité espère maintenir ce chiffre.

« On ne touche pas à l’action sociale »

« Quand vous avez des dépenses qui augmentent et que les recettes restent au même niveau, vous ne pouvez plus rien faire. Je demande une réévaluation par l’État des moyens octroyés aux départements, particulièrement à La Réunion. J’espère que nous serons entendus. En tout cas, le budget 2025 sera difficile », déplore Cyrille Melchior, président du Département. Si les finances sont sous tension, il affirme tout de même que la collectivité va rester mobilisée : « Nous n’allons pas réduire les moyens, nous allons les maintenir », martèle-t-il.

Alors, sur quoi le Département va-t-il surveiller ses dépenses ? Principalement sur les investissements, en les décalant dans le temps. À titre d’exemple, le président explique que depuis 2017, le budget pour les routes a doublé, passant de 15 millions à 30 millions. On pourrait ainsi imaginer une baisse à 25 millions.

En attendant, le vice-président de la collectivité et chargé des affaires sociales, Jean-Marie Virapoullé, a réaffirmé la volonté de maintenir le cap « sur l’urgence sociale et l’accès au droit ».

Doublement des places dans les EHPAD

La Réunion accuse un retard dans l’accueil des personnes âgées dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). La volonté du Département est de doubler le nombre de places, de 2 000 à 4 000. De nouveaux EHPAD vont sortir de terre à Bras-Panon, Petite-Île et Les Avirons. Dans un contexte où la population réunionnaise est vieillissante, le Département souhaite axer ses efforts sur l’amélioration des logements. Il estime que pour amortir cette évolution, une aide de 30 millions d’euros est nécessaire de la part de l’État.

Le cas de l’accueil des personnes handicapées en foyer, où il manque des places, « c’est un vrai problème ». À cette occasion, une rencontre est prévue entre les élus et la ministre Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée des Personnes en situation de handicap.

Des engagements pour La Réunion

L’occasion pour Cyrille Melchior de revenir sur le 93ᵉ congrès des Assises des Départements de France, survenu à la mi-novembre. L’élu réunionnais a fait voter deux motions concernant la lutte contre la vie chère : combattre l’opacité des prix et obtenir une meilleure transparence des coûts, l’élargissement du Bouclier Qualité Prix en incluant des services, et enfin, que toutes les baisses de la TVA ou de l’Octroi de Mer soient répercutées sur le prix de vente, pour une amélioration du pouvoir d’achat.

L’autre motion porte sur l’allocation à la Perte d’Autonomie et une révision des compensations liées à cette aide.

Enfin, le Département porte « 10 ambitions » pour les orientations budgétaires 2025. Renforcer l’accès aux droits et à la prévention pour répondre à l’urgence sociale, favoriser la réussite des jeunes ou encore démocratiser la culture en valorisant le patrimoine, en réhabilitant le musée de Villèle.

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