Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement lance un "Prêt Flash Carburant" pour les petites entreprises

Sous la pression de l’opinion publique et de la classe politique, le ministère de l’Économie a annoncé une première mesure d’aide en direction des petites entreprises, qui pourront emprunter en ligne jusqu’à 50.000 euros pour compenser la hausse des coûts des carburants.
La hausse vertigineuse des prix des carburants, consécutive à la guerre au Moyen-Orient, commence à peser sur les trésoreries des petites entreprises françaises. Pour tenter de répondre aux conséquences économiques pour les petites entreprises, le gouvernement a présenté sa première mesure : le Prêt Flash Carburant en partenariat avec Bpifrance (Banque publique d’investissement), annoncé 3 avril dans la soirée par le ministère de l’Économie.
Un dispositif accessible aux entreprises d’Outre-mer
Le mécanisme cible en priorité les TPE et PME des secteurs du transport, de l’agriculture et de la pêche — ceux dont les dépenses de carburant représentent « au minimum 5 % du chiffre d’affaires ». Ces entreprises pourront emprunter entre 5.000 et 50.000 euros, à un taux fixe de 3,80 %, sans avoir à fournir de garanties.
La rapidité est au cœur du dispositif : les prêts seront distribués via « un canal 100 % numérique par Bpifrance », avec une « mise à disposition des fonds sous sept jours », selon le communiqué du ministère. La durée de remboursement est fixée à trente-six mois, « incluant un différé d’amortissement du capital de douze mois » — un répit présenté comme appréciable pour des structures déjà sous tension. Le dispositif sera accessible dans l’Hexagone comme dans les Départements et Régions d’Outre-mer.
Des critères anti-effet d’aubaine
Pour éviter que le mécanisme du Prêt Flash Carburant ne soit détourné, le gouvernement a prévu plusieurs garde-fous. Les entreprises devront justifier d’une existence d’au moins un an et accepter de donner accès à Bpifrance à leurs derniers relevés de compte bancaire — des conditions destinées à s’assurer que les bénéficiaires sont bien des structures fragilisées par la crise, et non des opportunistes.
Lecornu n’en reste pas là. Il a évoqué jeudi de nouvelles aides « ciblées » à venir, attendant des propositions de ses ministres en début de semaine prochaine. Sa formule illustre l’équilibre difficile que cherche à trouver l’exécutif : « On n’abandonnera personne, mais on ne dépensera pas de l’argent qu’on n’a pas. »
Bercy demande à Bruxelles d’enquêter sur les marges des pétroliers
En parallèle des annonces sur le crédit aux entreprises, le ministre de l’Économie Roland Lescure est monté au créneau sur un autre front : celui des marges des raffineurs. Vendredi soir, sur France 5, il a annoncé avoir écrit à la Commission européenne pour lui demander d’enquêter sur les raffineries européennes et vérifier qu’il n’y avait « pas d’abus ». Il a précisé avoir échangé avec les raffineurs, « y compris avec le PDG de Total » Patrick Pouyanné, tout en insistant : « si on souhaite parler des raffineries, il faut le faire au niveau européen », rapporte Le Monde.
Ces déclarations interviennent après les appels du patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché, Thierry Cotillard, qui avait sommé le gouvernement jeudi sur RTL de « convoquer » les raffineurs. Il affirmait que TotalEnergies avait réalisé un achat « à bon prix » de 70 cargaisons de pétrole.
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Selon le Financial Times, le géant pétrolier français aurait en effet acheté en mars la quasi-totalité des cargaisons de pétrole exportables sans passer par le détroit d’Ormuz — une activité de négoce, distincte du raffinage, qui pourrait lui rapporter plus d’un milliard de dollars. Contacté par l’AFP, TotalEnergies n’a ni démenti ni confirmé ce montant.
Un contexte de flambée inédite
Sur le terrain du contrôle des prix à la pompe, le bilan est déjà chiffré : plus de 630 stations-service ont été inspectées dans le cadre du plan gouvernemental, et 5 % d’entre elles ont été sanctionnées, selon la répression des fraudes. « On avait des questions sur les marges de distributeurs, on les a contrôlées et on a effectivement vérifié qu’il n’y avait pas d’abus », a rappelé Roland Lescure.
Le contexte reste explosif. Ce vendredi, le gazole — carburant routier le plus utilisé en France — se vendait dans l’Hexagone en moyenne à 2,282 euros le litre, contre 1,72 euro avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, soit une hausse de plus de 30%. Face à cette situation, les Français qui dépendent de leur véhicule attendent désormais de voir si, après le Prêt Flash Carburant à destination des petites entreprises, l’exécutif prendra cette fois la mesure de l'impact économique qui menace une grande partie de la population.


