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Étudier à La Réunion vaut-il moins qu’ailleurs ? Pourquoi Frédéric Maillot appelle à un "plan d'urgence"

Ecrit par L-H.T – le jeudi 23 avril 2026 à 12H01
Photo d'archives

À l’occasion de la visite du ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, la question du financement de l’Université de La Réunion refait bel et bien surface. Dans un courrier adressé au gouvernement, le député Frédéric Maillot dénonce une sous-dotation persistante et appelle à un plan d’urgence. En toile de fond, une interrogation sensible sur l’égalité des étudiants selon leur territoire.

Il y a les discours sur l’Indopacifique, la jeunesse, la recherche. Et puis il y a les chiffres. À La Réunion, ils racontent une autre histoire, beaucoup plus sèche. Celle d’une université qui peine à suivre, non pas faute d’ambition, mais faute de moyens.

Dans un courrier adressé au ministre, Frédéric Maillot remet le sujet sur la table. Le moment n’est pas choisi au hasard. La visite officielle agit comme un révélateur. "Votre déplacement à La Réunion intervient à un moment charnière", écrit-il, évoquant "de graves difficultés financières" qui pèsent sur l’établissement.

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Le diagnostic est connu, mais il s’installe dans la durée. Une "sous-dotation chronique depuis plusieurs années", selon le député, alors même que l’université occupe une place stratégique dans l’océan Indien. À la fois pôle de formation, moteur de recherche et outil d’émancipation pour la jeunesse locale, elle incarne une promesse. Celle d’un ancrage régional fort, tourné vers l’Indianoceanie.

Mais cette promesse s’effrite au contact des réalités budgétaires. Le chiffre est devenu un symbole. 6.031 euros par étudiant. C’est le montant de la subvention pour charges de service public allouée à l’Université de La Réunion. À comparer avec une moyenne nationale de 7.279 euros. Et des écarts encore plus marqués ailleurs.

Inégalités

"Plus de 10.000 euros dans certaines universités hexagonales", rappelle Frédéric Maillot, citant également la Corse, les Antilles ou encore la Polynésie française, mieux dotées.

Derrière ces écarts, une question d’égalité. "Nos étudiants subissent directement les effets de cette inégalité", insiste le député. Car dans une université, les chiffres ne sont jamais abstraits. Ils se traduisent en capacités d’accueil, en encadrement pédagogique, en infrastructures, en conditions de vie étudiante.

Le sujet n’est pas nouveau. Dès novembre 2025, une première alerte avait été lancée. Un amendement déposé dans le cadre du budget 2026 proposait déjà un soutien financier renforcé. Il a été rejeté.

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Pourtant, les objectifs étaient clairs. "Compenser les charges nouvelles imposées aux établissements et reconnaître les spécificités d’un territoire insulaire". Coûts logistiques, énergie, climat, continuité territoriale. Autant de réalités qui renchérissent le fonctionnement quotidien.

Car l’insularité n’est pas qu’une carte postale. C’est aussi une équation économique. À La Réunion, faire tourner une université coûte effectivement plus cher. Acheminer du matériel, attirer des enseignants-chercheurs, maintenir des équipements, tout se paie au prix fort. Sans compensation adaptée, l’écart se creuse mécaniquement.

Dans ce contexte, la demande se précise. Un plan de rattrapage pluriannuel. L’idée est simple sur le papier. Réaligner progressivement la dotation par étudiant pour tenir compte des réalités locales. Permettre à l’université de retrouver une trajectoire financière viable. Et, au passage, renforcer son rôle dans la région.

Rayonnement académique

Car au-delà de l’île, c’est tout un positionnement qui se joue. "L’Université de La Réunion doit pouvoir agir en solidarité dans l’Indianoceanie", plaide Frédéric Maillot. Coopération scientifique, développement régional, rayonnement académique. Autant d’ambitions qui nécessitent un socle solide.

Reste la question politique. Dans un contexte budgétaire contraint, les arbitrages sont serrés. Mais le signal envoyé pourrait être lourd de conséquences. "Laisser perdurer cette situation", en filigrane, reviendrait à entériner une forme de déclassement silencieux.

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