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Consentement, VIH, règles : l'inquiétante méconnaissance des jeunes sur leur santé sexuelle

Ecrit par L-H.T – le dimanche 7 juin 2026 à 08H56
Photo d'illustration.

Une vaste étude réalisée par OpinionWay pour le Lab HEYME révèle de nombreuses lacunes chez les 15-28 ans en matière de santé gynécologique et sexuelle. Cycle menstruel, dépistage, consentement ou VIH : derrière une confiance affichée, les connaissances réelles restent parfois très fragiles.

Les jeunes pensent bien connaître les sujets liés à la santé sexuelle. Mais lorsqu'on entre dans le détail, les résultats sont parfois préoccupants. C'est le principal enseignement d'une enquête menée auprès de plus de 1.000 Français âgés de 15 à 28 ans pour le Lab HEYME.

Si 64 % des jeunes estiment avoir un bon niveau de connaissance en matière de santé gynécologique, de nombreuses idées reçues persistent sur des sujets pourtant essentiels.

Manque d'informations ?

Premier constat, les connaissances sur le cycle menstruel restent très approximatives.

Alors que le cycle féminin est l'un des fondamentaux de l'éducation à la santé, seuls 30 % des jeunes interrogés connaissent sa durée moyenne. Les sondés l'estiment en moyenne à 15,8 jours, soit près de deux fois moins que la réalité. Plus globalement, 70 % des jeunes ignorent la durée moyenne d'un cycle menstruel.

Même constat concernant le suivi gynécologique.

Plus d'une femme sur deux déclare avoir consulté pour la première fois un professionnel de santé spécialisé entre 18 et 24 ans. Un rendez-vous souvent repoussé faute de repères ou d'informations suffisantes.

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"Le fait que plus d'une femme sur deux consulte pour la première fois un professionnel de santé gynécologique après 18 ans n'est pas anodin. Cela traduit moins un manque d'intérêt qu'un manque de repères et d'informations transmises au bon moment", analyse Céline Berardo, directrice générale du Lab HEYME.

L'étude met également en lumière des zones d'ombre autour du consentement.

Si 78 % des jeunes savent qu'il correspond au fait de dire "oui" à une relation sexuelle "de manière libre, claire et volontaire", certaines croyances restent inquiétantes. Ainsi, 13 % des sondés considèrent qu'une personne sous l'influence de l'alcool ou de drogues peut consentir à une relation sexuelle.

Concept flou

Plus préoccupant encore, 11 % des jeunes pensent que le consentement demeure valable même si une personne change d'avis pendant l'acte. Cette proportion grimpe à 22 % chez les collégiens et lycéens.

"Quand un collégien ou un lycéen pense que le consentement est permanent ou qu'il ne peut pas être retiré pendant l'acte, ce n'est pas une dérive isolée : c'est le symptôme d'un manque d'éducation claire, continue et incarnée, estime Céline Berardo. Le consentement ne devrait jamais être un concept flou."

Autre sujet sensible : les infections sexuellement transmissibles.

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Neuf jeunes sur dix affirment savoir ce que sont le VIH et le papillomavirus humain (HPV). Pourtant, lorsqu'il s'agit de prévention, les confusions demeurent nombreuses. Plus d'un quart des jeunes pensent à tort qu'il existe un vaccin contre le VIH. Chez les collégiens et lycéens, cette proportion atteint même 41 %.

Dans le même temps, seuls 41 % des 15-28 ans déclarent avoir déjà effectué un dépistage pour une IST. Même parmi les 25-28 ans, moins d'un jeune sur deux dit s'être déjà fait tester.

Consentement

"Penser qu'il existe un vaccin contre le VIH ou sous-estimer l'importance du dépistage montre que l'information passe souvent par fragments, souligne Céline Berardo. Le rôle du Lab HEYME est justement de remettre de la cohérence, de la fiabilité et des repères clairs dans ces parcours d'information."

L'étude montre enfin que les réseaux sociaux et les échanges entre amis sont devenus les principales sources d'information des jeunes sur ces sujets, loin devant l'école ou les parents.

La réalité interroge alors que la santé sexuelle, le consentement et la prévention des IST demeurent des enjeux majeurs de santé publique.

Etiquettes : La Réunion | PU1 | VIH

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