"Je te terminerai devant la police" : il menace et frappe son ex-compagne enceinte de six mois

Un homme de 32 ans a été condamné lundi 1er juin par le tribunal correctionnel à un an de prison ferme pour des faits de violences et de menaces de mort commis à l'encontre de son ex-compagne, alors enceinte de six mois au moment des faits.
Les relations entre Abdou-Latuf D. et son ex-compagne sont particulièrement conflictuelles depuis plusieurs années.
Fin mai, le prévenu est convoqué devant le juge des enfants dans le cadre d'une procédure concernant leur enfant, dont il n'a pas reconnu la paternité. À l'audience, il affirme ne pas comprendre les accusations portées contre lui.
"Je ne sais pas pourquoi elle veut me mettre dans les problèmes", déclare-t-il.
Sur la question de leur séparation, les versions divergent également. La victime affirme que leur relation a pris fin un an auparavant. Le prévenu soutient au contraire qu'ils sont séparés depuis sept ans et qualifie les accusations de son ancienne compagne de "mensongères".
Une première altercation à Saint-Benoît
Les faits remontent au 6 février.
Au cours de la journée, plusieurs échanges téléphoniques tendus ont lieu entre les deux anciens compagnons. Selon les éléments évoqués à l'audience, la victime lui reproche notamment son absence dans son rôle de père et l'aurait insultée au téléphone.
Quelques heures plus tard, l'homme croise son ex-compagne à un arrêt de bus à Saint-Benoît, alors qu'elle se trouve en compagnie d'amies.
Selon la victime, le prévenu s'arrête immédiatement lorsqu'il l'aperçoit. Une altercation éclate. Elle affirme avoir été menacée puis poussée.
Parmi les propos rapportés devant le tribunal figure notamment cette menace : "Je n'ai pas peur de la police, j'ai déjà fait de la prison. S'il faut, je te terminerai devant eux."
Une seconde rencontre qui dégénère
Le soir même, les deux protagonistes se retrouvent à nouveau lors d'une soirée. Le prévenu affirme qu'il ignorait que son ex-compagne serait présente.
Mais la situation dégénère rapidement.
Selon plusieurs témoignages recueillis dans le cadre de l'enquête, l'homme aurait poussé à plusieurs reprises la victime. Lui conteste cette version et reconnaît uniquement lui avoir porté une gifle.
"Pourquoi je l'aurais poussée ? Je sais qu'une femme enceinte est une femme fragile", a-t-il déclaré à la barre.
Face à la violence de la scène, plusieurs témoins alertent les forces de l'ordre. Le prévenu est finalement interpellé et placé en garde à vue quelques jours plus tard.
Une victime blessée et hospitalisée
Prise en charge par les secours, la victime présente plusieurs blessures.
Le certificat médical fait état de plaies au visage, de blessures aux genoux, de traumatismes abdominaux ainsi que d'un important saignement fœtal ayant nécessité une prise en charge médicale rapide.
Ces éléments ont été longuement évoqués lors de l'audience.
Un lourd passé judiciaire
Dans ses réquisitions, la procureure a demandé une peine de dix-huit mois d'emprisonnement, assortie d'un maintien en détention ainsi que d'une interdiction de paraître au domicile de la victime pendant trois ans.
Le ministère public a insisté sur le caractère répété des violences et sur les antécédents du prévenu, déjà condamné à treize reprises depuis 2013. Un incident survenu en détention a également été rappelé à l'audience.
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L'avocate de la victime a, de son côté, sollicité un éloignement immédiat et total ainsi qu'une interdiction de tout contact avec sa cliente.
La défense a plaidé en faveur d'une peine moins lourde, estimant qu'un maintien en détention ferait perdre au prévenu son emploi.
Un an de prison ferme
Après délibération, le tribunal a finalement condamné Abdou-Latuf D. à une peine d'un an d'emprisonnement ferme.
Une interdiction d'entrer en contact avec la victime a également été prononcée afin de prévenir tout nouveau rapprochement entre les deux anciens compagnons.


