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Trafic de Dou au Tampon : huit prévenus dont deux soeurs condamnés par le tribunal correctionnel

Ecrit par P.B. – le samedi 6 juin 2026 à 09H47

Huit prévenus comparaissaient ce vendredi 5 juin devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre après le démantèlement d’un trafic de Dou au Tampon. Fournisseurs, revendeurs, nourrices ou conditionneurs : les investigations ont mis en lumière plusieurs points de vente, notamment au 17ekm.

L’enquête débute initialement dans le cadre d’investigations portant sur des vols de coffres commis dans des commerces en bande organisée. Rapidement, les investigations conduites par la section de recherches de la gendarmerie s’intéressent à Mickael*, 36 ans.

Lors de la perquisition de son véhicule, les enquêteurs découvrent près de 1.000 euros en espèce, une balance ainsi qu’environ 70 grammes de Dou. L’exploitation de son téléphone met en évidence des conversations évoquant des produits stupéfiants.

Au fil des surveillances, écoutes téléphoniques et investigations, celui que les enquêteurs considèrent comme un fournisseur apparaît alimenter plusieurs revendeurs et plusieurs points de vente, notamment au 17e kilomètre.

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Une autre branche du trafic est alimentée par Didier*, 33 ans, tatoueur, qui explique être tombé dans la consommation quelques mois auparavant. Selon l’enquête, il achetait jusqu’à 500 grammes auprès d’un fournisseur de Saint-Denis avant de revendre notamment à deux sœurs. Dans cette fratrie, la plus jeune, Lolita*, aurait progressivement entraîné son aînée Mélanie*, mère de cinq enfants. Le trafic se déroulait principalement au domicile de cette dernière.

Les investigations financières ont fait apparaître environ 25.000 euros de retraits en espèces en quelques mois alors qu’elle percevait essentiellement des allocations.Les deux sœurs reconnaissent avoir écoulé environ cinq grammes quotidiennement et déclaré environ 200 euros de bénéfices journaliers.

Tous assurent néanmoins être entrés dans le trafic uniquement pour financer leur propre consommation. Interpellés le 21 avril dernier, les huit prévenus avaient été placés en détention provisoire, pour ceux qui n'étaient pas déjà incarcérés.

L'interdiction de paraitre au Tampon requise

Pour le parquet, cette affaire s’inscrit dans un phénomène dramatique plus large. "Depuis 2 ans et demi, il y a une montée en flèche de l'importation de cocaïne dans le nord et du Dou dans le sud", rappelle le procureur. Et si le phénomène prend une telle ampleur, estime-t-il, c’est aussi parce que "le Dou se vend plus cher que l’or". Alors où est passé l'argent, interroge le magistrat. "Tout est parti en fumée", tance-t-il, rappelant également que selon les médecins experts, "3 prises suffisent pour devenir addict".

Pour le ministère public, les quantités écoulées dépassent largement un trafic limité. "Quand on croise les auditions on est sur plusieurs kilos. 3,6 kg pour Mickael avec un bénéfice de 180.000 euros en 8 mois".

Du fournisseur au conditionneur, de la nourrice au livreur, "tous ont contribué à l'ampleur du trafic à des degrés divers", avant d'annoncer ses réquisitions. Des peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, accompagnées de mesures complémentaires : obligation de soins, travail, TIG, interdiction de contact, maintien en détention et interdiction de paraître au Tampon, sont demandées.

"Il n’y a rien d’un réseau"

Face à cette lecture du dossier qui comprend quatre dossiers qui ont été joints, les avocats de la défense ont tenté de replacer chacun dans son rôle et de relativiser l’organisation décrite par le parquet. Selon eux, le dossier ne démontrerait pas l’existence d’un véritable réseau structuré.

Le trafic n’avait "rien d’un réseau", plaident-ils, estimant qu’il n’existait "pas de tête et pas de lien entre les prévenus".

"Ils ont coopéré et les vraies têtes du réseau sont malheureusement encore libres", soutiennent-ils.

Au terme du délibéré, le tribunal a reconnu les huit prévenus coupables des faits liés au trafic mais a écarté la qualification de blanchiment. Mickael, déjà connu avec 18 mentions à son casier judiciaire, a été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont 18 mois assortis d’un sursis probatoire.

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Didier a écopé de quatre ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis tandis que les deux sœurs ont été condamnées à trois ans d’emprisonnement dont 18 mois assortis d’un sursis probatoire.

À ces peines s’ajoutent plusieurs mesures complémentaires : obligation de soins, obligation de travailler ainsi qu’une interdiction d’entrer en contact avec les co-auteurs.

Concernant les deux sœurs, le tribunal "a fait preuve d’humanité", souligne le président, en ne prononçant pas d’interdiction de contact entre elles.

Les huit prévenus ont été maintenus en détention.

*Prénoms d’emprunt.

Etiquettes : Dou | Drogue | Le Tampon | PU1 | Tribunal

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