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"Ils n'ont pas tous les droits" : opération coup de poing et message musclé envoyé aux "délinquants" de Bras-Fusil

Ecrit par Alexandre Robert (sur place) – le samedi 6 juin 2026 à 06H54
Photos ANAKAO presse (Pierre Marchall).

Après plusieurs épisodes de violences ces dernières semaines, une importante opération anti-bandes a été menée vendredi soir 5 juin à Bras-Fusil et dans le quartier Europe, à Saint-Benoît. Plus de 70 gendarmes ont été mobilisés. Objectif affiché par l'État : marquer le terrain et tenter d'enrayer des phénomènes de délinquance qui inquiètent habitants et élus. Reportage.

Les gyrophares bleus illuminent les façades des immeubles. Les contrôles s'enchaînent. Dans les rues de Bras-Fusil, à Saint-Benoît, les habitants observent discrètement depuis leurs balcons cette nouvelle opération anti-bandes déployée vendredi soir 5 juin par les forces de l'ordre.

Quelques semaines après plusieurs faits de violences ayant marqué le secteur, dont des tirs par arme à feu qui avaient suscité une vive émotion dans le quartier, l'État entend montrer qu'il ne relâche pas la pression.

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"Comme l'ensemble des opérations qui sont menées dans le cadre du plan anti-bandes déployé par le préfet depuis plus d'un an, on est aujourd'hui dans le quartier de Bras-Fusil et simultanément dans le quartier Europe", explique Fabrice Bonicel, sous-préfet de l'arrondissement de Saint-Benoît.

Selon lui, l'opération vise à lutter contre "le phénomène des bandes et notamment les faits délictueux qui peuvent se produire dans ces quartiers".

Au total, 76 militaires de l'escadron de gendarmerie mobile ont été engagés sur les deux secteurs. Ils étaient appuyés par huit motards de la gendarmerie nationale, une équipe cynophile ainsi qu'une unité de drones chargée d'assurer la surveillance aérienne du dispositif.

Tranquillité du quartier

"On travaille sous réquisition de la procureure de la République, précise le sous-préfet. Il y a d'un côté les faits qui ont été judiciarisés et qui font l'objet d'enquêtes. Cette opération vient en complément pour montrer la présence des forces de l'ordre, assurer la tranquillité au sein du quartier et sécuriser l'ensemble du secteur."

Une présence qui se veut durable donc.

"Ce ne sont pas des opérations que l'on fait ponctuellement, insiste Fabrice Bonicel. Elles s'inscrivent dans la durée. Ce soir il y a le dispositif, mais il sera maintenu tout au long du week-end afin de poursuivre les contrôles et sécuriser le quartier sur la durée."

Depuis le lancement du plan anti-bandes par la préfecture en février 2025, plus d'une centaine d'opérations ont d'ailleurs été réalisées dans différents secteurs de l'île.

"Oui, ça porte ses fruits, assure le représentant de l'État. On est à plus de 100 opérations depuis février 2025. Les forces de l'ordre sont mobilisées pour casser ces phénomènes de bandes criminogènes mais aussi pour assurer la tranquillité et la sécurité du public, y compris dans ces quartiers."

Au-delà des contrôles de terrain, la préfecture souhaite désormais accentuer la pression sur certains logements identifiés comme servant de points d'appui à des trafics.

Présence régulière

"Un des objectifs du préfet est désormais de lutter plus efficacement contre les appartements qui peuvent servir à ces faits délictueux, que ce soit du trafic de stupéfiants ou d'autres activités illégales", explique encore Fabrice Bonicel.

L'État appelle notamment les bailleurs à utiliser les procédures d'expulsion lorsque des logements sont clairement identifiés dans des activités délictueuses.

"Nous travaillons étroitement avec eux et le préfet les incite fortement à agir avec les moyens dont ils disposent", poursuit-il.

Sur place, le maire de Saint-Benoît, Patrice Selly, défend lui aussi la nécessité de maintenir une présence régulière des forces de l'ordre.

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"C'est important de marquer la présence des forces dans ces quartiers tels que Bras-Fusil, Europe ou France parce qu'ils sont régulièrement le théâtre de faits divers commis principalement par des jeunes qui y habitent", affirme l'élu.

Pour lui, le message doit être clair : "Il est important que ces jeunes comprennent qu'ils n'ont pas tous les droits et qu'ils ont aussi des obligations. Ils doivent respecter le cadre de vie des habitants de ces quartiers."

Le maire plaide depuis plusieurs mois pour une réponse ferme face aux violences récurrentes.

"Je l'ai toujours dit : il faut faire preuve de fermeté à l'égard de ces jeunes délinquants, martèle-t-il. La présence régulière des gendarmes, mais aussi de la police municipale qui accompagne ces dispositifs, est extrêmement importante."

Dispositifs accrus

Patrice Selly assure qu'il continuera à solliciter l'État pour obtenir de nouvelles opérations. "Je solliciterai autant que nécessaire le préfet de La Réunion et le sous-préfet d'arrondissement pour que ces dispositifs soient régulièrement déployés dans ces quartiers."

L'élu revient également sur les coups de feu signalés il y a quelques semaines dans le secteur.

Sans commenter le fond de l'enquête judiciaire toujours en cours, il évoque "des faits qui se réitèrent régulièrement" et des rivalités impliquant parfois "des bandes venant de communes voisines".

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"Il faut que les enquêtes aboutissent et que les individus identifiés soient jugés, estime-t-il. Je demande que l'autorité judiciaire fasse preuve de fermeté à l'égard de ces délinquants, qui sont souvent récidivistes."

Le maire réaffirme également une proposition déjà formulée après les derniers épisodes de violence : l'interdiction de séjour dans certains quartiers pour les individus condamnés.

"Je réitère un engagement que j'ai pris il y a quelques semaines : voir ces délinquants interdits de séjour dans les quartiers de Saint-Benoît, déclare Patrice Selly. Je prendrai ma part de responsabilité en tant que maire pour intervenir lorsque cela sera possible auprès des instances judiciaires afin de solliciter cette mesure."

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