"J’avais besoin de cet argent pour financer les funérailles de ma mère" : un voyageur intercepté avec près de 2 kilos de drogue dans le corps

Nouvelle affaire de trafic de drogue à l’aéroport Roland-Garros. Un passager arrivé de Madagascar a été interpellé en possession de 1.882 grammes de stupéfiants transportés à l’intérieur de son organisme. Depuis le début de l’année, il s’agit de la deuxième "mule" interceptée à La Réunion sur un vol en provenance de la Grande Île.
Ce mercredi 3 juin, un ressortissant nigérien d’une trentaine d’années comparaissait devant le tribunal correctionnel pour acquisition, transport et importation de stupéfiants.
Les faits remontent à la fin du mois de mars. Entre le 30 et le 31 mars, l’homme est contrôlé à son arrivée à l’aéroport Roland-Garros par les services des douanes. Les agents soupçonnent rapidement le passager de transporter de la drogue à l’intérieur de son corps. Les vérifications effectuées par les enquêteurs confirment leurs soupçons.
L’homme est alors placé en garde à vue avant d’être incarcéré en détention provisoire le 2 avril.
Un trajet complexe pour contourner les contrôles
À l’audience, assisté d’un interprète, le prévenu a reconnu les faits. Selon ses déclarations, il aurait été recruté par un contact rencontré en Italie pour transporter une importante quantité de cocaïne contre une rémunération de 5.000 euros.
"J'ai obtenu un contact business en Italie pour transporter de la cocaïne. Je ne connaissais pas cet homme auparavant. Je devais transporter cette drogue en échange de 5.000 euros", a-t-il expliqué devant le tribunal.
L’homme indique avoir été chargé d’acheminer la marchandise depuis l’Éthiopie jusqu’à l’Italie.
Pour éviter d’attirer l’attention des autorités, l’itinéraire avait été volontairement fractionné. Après un passage par Madagascar, il devait transiter par La Réunion puis rejoindre Paris avant de poursuivre son voyage vers l’Italie.
Un parcours complexe destiné, selon l’enquête, à rendre le transport moins suspect aux yeux des services de contrôle.
"J’avais besoin de cet argent"
À la barre, le prévenu a tenté d’expliquer les raisons qui l’ont conduit à accepter cette mission. Très ému, il affirme avoir agi pour des raisons financières liées au décès de sa mère.
"Je n’avais pas le choix. J’avais besoin de cet argent pour financer les funérailles de ma mère", a-t-il déclaré. L’homme a également assuré qu’il s’agissait d’une première expérience dans le trafic de stupéfiants.
"Je suis tellement désolé. Je devais le faire. C’était la seule fois, je n’avais jamais fait ça", a-t-il ajouté, demandant au tribunal de faire preuve de clémence.
Un phénomène sous surveillance à La Réunion
Lors de ses réquisitions, la procureure a souligné la multiplication des affaires impliquant des "mules" à La Réunion.
Elle a rappelé que ce type de trafic restait auparavant relativement rare sur le territoire et a estimé nécessaire de prononcer une peine dissuasive face à ce phénomène en progression. Le ministère public a donc requis quatre ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’une interdiction du territoire français pendant dix ans.
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De son côté, l’avocate de la défense a plaidé pour une sanction plus modérée, mettant en avant la situation personnelle de son client ainsi que sa coopération avec les enquêteurs. Elle a également souligné qu’il avait reconnu les faits dès le début de la procédure.
Trois ans de prison ferme
Après délibération, le tribunal a condamné le prévenu à trois ans d’emprisonnement ferme avec maintien en détention.
Une interdiction du territoire français pendant dix ans a également été prononcée.
Les 1.882 grammes de stupéfiants saisis seront confisqués par les autorités.


