Le sacre du PSG éclipse-t-il les Bleus ?

Alors que la Coupe du monde de football débute la semaine prochaine, l’effervescence autour de l’équipe de France ne semble pas aussi forte que lors des précédentes compétitions. Au contraire, les conversations semblent encore tourner autour du back-to-back réalisé par le Paris Saint-Germain en Ligue des champions. S’agit-il d’un simple épiphénomène ou d’une fracture plus durable autour des Bleus ?
Jeudi soir, l’équipe de France débutait sa préparation pour la Coupe du monde de football qui doit débuter jeudi prochain. Mais contrairement à un jour de match habituel des Bleus où les médias spécialisés pronostiquent sur la composition à venir, l’intérêt des amateurs de foot était loin, très loin. Tous les médias consacrés au foot n’avaient qu’un sujet en tête : Mohammed Henni, le célèbre supporter marseillais, allait-il respecter son pari et se faire tatouer le logo du PSG ?
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Si l’anecdote prête à sourire, elle révèle un point : les fans français ont encore la tête à la deuxième victoire d’affilée du PSG dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Le Mondial et les Bleus semblent moins susciter l’intérêt du public, dans l’Hexagone comme à La Réunion. Il suffit de sortir dans les rues de l’île pour se rendre compte que vous verrez toujours plus de maillots du PSG que des Bleus.
Les plus assidus ont probablement remarqué que les grands médias n’ont que très peu couvert le Mondial ces dernières semaines, même au moment où la liste de Deschamps est tombée. L’ensemble des heures d’antenne ou des articles étant bien plus souvent consacré au club de la capitale et à ses chances de réaliser l’exploit unique dans l’histoire de remporter deux Coupes d’Europe.
Le PSG, de la haine à l’amour
C’est probablement le point le plus important pour expliquer cette situation : le PSG est enfin devenu une équipe aimée. Si le club a toujours eu une belle cote d’amour à La Réunion, notamment grâce à Laurent Robert et Guillaume Hoarau, ce n’était pas forcément le cas au niveau national et encore moins au niveau international.
Le club de la capitale a toujours suscité la haine des autres supporters, et la rancœur est montée d’un cran lorsque les Qataris ont racheté le club en 2011. La seule différence, c’est qu’à partir de ce moment-là, la haine du club parisien s’est étendue à toute l’Europe.
Pendant plus d’une décennie, le « Qatar Saint-Germain », comme disent les détracteurs, a tenté de remporter la Ligue des champions à grands renforts de pétrodollars. Mais à part tout rafler sur la scène nationale, ce sont surtout les désillusions et les moqueries qui se sont enchaînées dans les compétitions européennes, avec en point d’orgue la fameuse Remontada.
L'homme providentiel n'était pas une star
Finalement, c’est bien de la fameuse Remontada qu’est venu le salut du club. Si au début, la première réaction du club a été d'aller plus loin dans leur fuite sur les stars, celui qui allait transformer le club n'était pas celui que tout le monde pensait. Ce n’était pas celui qui avait été brillant sur le terrain, Neymar, qui allait tout changer, mais celui qui entraînait le Barça : Luis Enrique.
Après une première année difficile avec Mbappé, le départ de celui-ci a permis au tacticien espagnol d’avoir le contrôle total sur l’équipe. Finies les stars, place aux jeunes talents qui en veulent. « Avec Luis Enrique, celui qui ne défend pas ne joue pas », résume Ousmane Dembélé.
Depuis janvier 2025, le PSG développe un jeu léché et engagé qui a séduit non seulement en France, mais également dans toute l’Europe. En misant sur le jeu, l’engagement et l’esprit d’équipe, et en mettant les égos après l’équipe, le PSG de Luis Enrique racontait une autre histoire que celle de la victoire par l’argent et les stars. Une histoire qui plaît.
L’égo de Mbappé
En fait, tout ce qui était détesté au PSG ces dernières années se retrouve en équipe de France. Et quand on parle de tout, on parle principalement d’un homme : Kylian Mbappé. Adoré ou détesté, le Bondynois ne laisse personne indifférent. Il est celui vers qui se tournent toutes les rancœurs et les critiques.
Car comme durant ses années parisiennes, le capitaine des Bleus est celui autour de qui tout gravite. Toutes les équipes où il joue doivent être construites autour de lui, voire avec son consentement. Un statut qui agace, mais parfaitement assumé par Didier Deschamps, qui gère l’équipe de France davantage comme un club que comme une sélection.
Mais le souci, c’est que ce statut d’intouchable de Mbappé est aujourd’hui parfaitement remis en cause. Déjà parce que de nombreux joueurs ont explosé comme Ousmane Dembélé, devenu Ballon d’or avant lui, et Michael Olise qui rayonne. Sans parler de Désiré Doué ou Rayan Cherki qui impressionnent l’Europe. Mais surtout, parce que les équipes où il joue ne gagnent pas, contrairement à celles qu’il quitte. Pire, cette saison, Kylian Mbappé a été le joueur qui a le moins défendu dans la Liga espagnole, confortant l’image du joueur qui ne fait pas d’efforts pour l’équipe.
L'appétit vient en mangeant
Mais il serait malhonnête de tout mettre sur le dos de Mbappé. Cette forme de désamour est également liée à l’usure de voir Didier Deschamps à la tête de l’équipe depuis 14 ans. Si sa qualité d’entraîneur n’est pas remise en cause, c’est surtout le style de jeu proposé qui ne séduit pas. Surtout, il ne semble pas encore avoir trouvé la bonne formule pour mettre cet arsenal offensif en lumière. La défaite de jeudi contre la Côte d’Ivoire le confirme.
Mais bien évidemment, dès le coup de sifflet du premier match des Bleus, la passion va reprendre, surtout en cas de beau parcours. Ce sera également l’occasion pour Mbappé de faire taire ses détracteurs et à Didier Deschamps de bien terminer son aventure en Bleu.


