"Les élèves vont mal" ? Fatigue, stress, concentration... ces chiffres qui alertent les enseignants français

Élèves fatigués, stressés, accros aux écrans et de moins en moins motivés… Une étude menée dans plusieurs pays européens dresse un tableau préoccupant de la santé mentale et du rapport à l’école chez les jeunes. Et les enseignants français semblent particulièrement inquiets.
Les profs voient défiler les générations. Et celle qui grandit aujourd’hui derrière les écrans commence sérieusement à les inquiéter.
Selon une étude menée par la plateforme de soutien scolaire GoStudent auprès de plus de 1.500 parents et enseignants européens, 80 % des enseignants français observent des signes de stress et d’anxiété scolaire chez leurs élèves.
Fatigue, irritabilité, troubles du sommeil, perte de confiance… Derrière les notes et les bulletins, les adultes voient apparaître une génération de plus en plus fragilisée psychologiquement.
Et au centre du problème, un objet revient sans cesse dans la discussion : le téléphone.
L’enquête montre que 100 % des enseignants français constatent "une différence visible de performance entre les élèves à fort et à faible temps d’écran".
Le chiffre est presque vertigineux. Pas "une majorité". Pas "beaucoup". Tous.
Impact des réseaux sociaux
Selon l’étude, 35 % des élèves passent entre trois et six heures par jour sur leurs appareils numériques en dehors du temps scolaire.
Et pour 90 % des enseignants interrogés, l’impact des réseaux sociaux et des écrans est "directement négatif sur la concentration et les résultats scolaires".
Dans les salles de classe, les enseignants décrivent désormais une lutte quotidienne contre les distractions numériques. Notifications, vidéos courtes, réseaux sociaux, difficulté à rester concentré longtemps…
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Le rapport pointe aussi "les distractions numériques et le manque d’intérêt pour les matières" comme principales causes de démotivation scolaire, selon la moitié des professeurs français interrogés.
Et la fatigue mentale semble désormais sortir largement du cadre scolaire.
Près de 74 % des parents disent que leur enfant ressent du stress lié aux devoirs ou aux examens.
Les symptômes décrits ressemblent parfois à ceux d’adultes épuisés : fatigue pour 38 % des enfants concernés, irritabilité pour 36 %, troubles du sommeil pour 25 %.
"Course à la performance"
L’étude évoque aussi "une course à la performance" qui se ferait "souvent au prix de la santé mentale".
Mais le document révèle surtout un immense décalage entre la perception des parents et celle des enseignants.
Alors que 80 % des enseignants signalent "une baisse significative de la motivation" au cours des deux dernières années, plus de la moitié des parents estiment encore que leur enfant est "au-dessus de la moyenne".
Comme si l’école et la maison ne voyaient plus tout à fait les mêmes enfants.
Pour Felix Ohswald, PDG et cofondateur de GoStudent, "les systèmes éducatifs européens sont à la croisée des chemins".
Mobilisation collective
"Les élèves font face à une pression croissante (connectivité numérique, exigences académiques, comparaisons sociales en ligne) et les données montrent que cela affecte profondément leur bien-être", explique-t-il.
Le dirigeant appelle même à "une mobilisation collective de tous les acteurs qui entourent l’enfant".
Parce qu’au fond, cette étude dépasse largement la question scolaire.
Elle met en avant cette génération élevée dans l’hyperconnexion permanente, les notifications incessantes et les comparaisons continues. Une génération qui n’a jamais autant communiqué. Et qui semble pourtant de plus en plus anxieuse.


