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Errance animale : "Si on prend la peine d'avoir un chien et qu'on l'aime, on le laisse dans sa cour"

Ce mardi 23 juillet, la CASUD organisait une grande opération de prévention et de sensibilisation contre l'errance animale sur le parcours de santé de Bel-Air au Tampon. L'occasion de rappeler les bonnes pratiques pour ne pas attirer les chiens errants et éviter qu'ils se rassemblent en meute. L'intercommunalité du sud annonce renforcer la sensibilisation autour des chiens divagants et, le cas échéant, mettre en place des sanctions.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le mardi 23 juillet 2024 à 15H58

Le nombre impressionnant de 73.000 chiens divagants à La Réunion montre l'ampleur de l'enjeu pour les collectivités territoriales et tous les Réunionnais. Outre les problèmes de sécurité contre les humains qui ont fait l'actualité ces dernières semaines, l'errance animale constitue également un problème sanitaire avec la circulation de maladies et les attaques sur les élevages.

Afin de sensibiliser le public sur cette problématique, la CASUD a organisé ce mardi une opération de prévention sur le parcours de santé de Bel-Air au Tampon. L'objectif est de faire passer le message sur les bons gestes à adopter, notamment dans cette période de vacances scolaires propices aux sorties en famille ou aux pique-niques. Ainsi, il est demandé aux usagers des sites touristiques de ne pas laisser les déchets alimentaires sur place afin de ne pas attirer les chiens qui se constituent en meute.

"L'errance animale, de manière générale et sur toute La Réunion, est un fléau. Bien évidemment, le territoire de la CASUD n'y échappe pas. Pendant tout le long de l'année, nous faisons des actions pour essayer de diminuer l'errance animale. Durant les vacances, nous doublons ces actions, car il y a plus de personnes, plus de pique-niqueurs, notamment sur les sites publics", explique Jacquet Hoarau, le président de la CASUD.

 

Les chiens divagants, une grande part du problème

 

Concernant les actions menées par l'intercommunalité, il y a bien évidemment la campagne de stérilisation de janvier à septembre, gratuite pour les non-imposables. En 2023, 1.363 animaux ont été stérilisés, pour un coût d'environ 250.000 euros. Pour endiguer le problème des meutes qui s'attaquent aux troupeaux, la CASUD s'est associée avec la SEMRRE, la Société d'Économie Mixte Réunion Recyclage Environnement, pour effectuer des rondes autour des exploitations. Des cages pour capturer les chiens errants qui ne peuvent pas être attrapés au lasso.

Sur les 73.000 chiens en liberté dans l'île, 42.000 sont errants, tandis que 31.000 sont divagants, ce qui signifie qu'ils ont des maîtres. Un problème important puisque ces animaux peuvent contribuer aux attaques sur des humains, à des nuisances ou plus simplement à féconder les animaux errants, entraînant leur multiplication. Sans compter les dangers auxquels les animaux s'exposent, notamment sur la route.

"Si les propriétaires ont un chien, s'ils aiment leurs animaux, ils doivent garder leurs animaux chez eux et ne pas les laisser divaguer parce que cela crée des nuisances. Alors, il y a une action d'éducation, une action de sensibilisation et, plus tard, si c'est nécessaire, il faudra une action de répression également", prévient Jacquet Hoarau avant d'ajouter que "si on prend la peine d'avoir un chien et qu'on l'aime, on le laisse dans sa cour." Ce à quoi il est nécessaire d'ajouter que si on aime vraiment son chien, on ne le laisse pas non plus toujours dans sa cour, mais on prend le temps de le balader - les promenades étant essentielles au bien-être de nos compagnons à quatre pattes.

 

Les chats errants menacent la biodiversité

 

Mais l'errance des chiens est loin d'être la seule problématique. Celle concernant les chats est peut-être encore plus préjudiciable. Si les chats errants créent de nombreux conflits de voisinage, qui sont du ressort privé, ils ont également un impact important sur l'environnement, qui dépend des pouvoirs publics.

"C'est un problème sanitaire et un problème écologique puisque les chats, c'est plus difficile à contrôler d'un point de vue prolifération et ce sont des animaux qui s'attaquent à la biodiversité beaucoup plus que les chiens. Les chats s'attaquent aux oiseaux. Nous essayons de protéger les espèces d'oiseaux que nous avons à La Réunion et ce qui attaque les oiseaux, ce sont d'abord les chats", rappelle Patrice Thien Ah Koon.

Le maire du Tampon souligne également que le problème de l'errance animale "ne peut pas qu'être celui des pouvoirs publics, c'est l'affaire aussi de chaque personne responsable. Lorsque l'on a un animal, l'animal est un membre de la famille. Il faut le traiter tel quel."

Il indique que la réhabilitation de la fourrière du Tampon va bientôt s'achever. D'un coût de 2,5 millions d'euros, il rappelle que l'errance animale représente un coût "que finalement toute la population supporte". Patrice Thien Ah Koon assure que cette nouvelle fourrière prend en compte le bien-être animal, "mais malheureusement, c'est souvent une fin qui est tragique pour l'animal. Nous en sommes les premiers désolés parce que vous voyez des chiens qui ont dans le regard de l'amour à donner, mais, ne trouvant pas de maîtres, la société fait que nous devons euthanasier ces chiens."

 

Etiquettes : CASUD | Errance animale

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