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Ericka Bareigts demande à Jean Castex d’agir rapidement pour La Réunion

Dans un courrier adressé à Jean Castex, la maire de Saint-Denis lui demande d’agir rapidement pour les deux départements de l’océan Indien. Ericka Bareigts souligne que le point de saturation est très proche et que la solidarité nationale, dont La Réunion fait preuve pour Mayotte, se fasse à présent de la métropole vers les deux îles.

Ecrit par – le vendredi 26 février 2021 à 14H18

Le courrier :

Monsieur le Premier ministre,

La situation de Mayotte et celle de la Réunion se dégradent de jour en jour et si vous avez su entendre ma demande de moyens supplémentaires du 7 février en déployant un hôpital militaire ESCRIM à Mayotte, la réponse demeure aujourd’hui malheureusement insuffisante. Notre taux d’incidence est en augmentation régulière, de 90 cas par jour il y a 10 jours, nous sommes passés aujourd’hui à près de 150 cas. Nous atteignons donc à La Réunion une phase critique de basculement possible de l’épidémie.

En effet, quelles que soient les techniques utilisées de séquençage et de criblage, le taux de dépistage du variant sud-africain est en augmentation nette et constante, avec aujourd’hui un seuil atteint à plus de 50%. Le risque de se retrouver dans une pente analogue à celle de Mayotte augmente donc quotidiennement.

Nous sommes prêts à La Réunion à accueillir un pourcentage non négligeable des malades de la zone Océan Indien, comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Néanmoins, notre hôpital réunionnais atteint désormais des taux de saturation avoisinant les 95%. Il est occupé à plus de 80% par des patients issus des évacuations sanitaires de la zone océan indien dont le séjour moyen est de plus de 12 jours, réduisant d’autant le turnover indispensable des lits en réanimation. Que se passera-t- il si nous subissons une augmentation incontrôlable du nombre de cas lié à la forte présence du variant sud-africain comme cela a été le cas à Mayotte ? Nous affronterions notre nouveau pic épidémique avec un hôpital saturé et des personnels hospitaliers à bout de souffle.

Il a été évoqué un pont aérien avec la métropole, lourd et très long à mettre en place. Ce pont aérien ne pourrait se faire pour des raisons techniques que depuis La Réunion. Il ne permettrait visiblement pas de transporter les patients en réanimation COVID +. Quels seraient alors les patients envoyés en soin dans l’Hexagone, seuls, loin de toute famille, dont on sait aujourd’hui qu’elle est indispensable au bien-être des malades ?

Le plan présenté par l’ARS implique la fermeture de 12 blocs opératoires pour atteindre 125 places en réanimation. Ce sont donc autant de soins considérés comme non urgents qui doivent être retardés, un accueil dégradé dans les services d’urgence, une prise en charge moins efficace des maladies longue durée très présentes parmi la population réunionnaise.

Vous le comprendrez, Monsieur le Premier ministre, il est urgent aujourd’hui d’envisager un plan global de soutien pour les structures hospitalières et les personnels soignants de Mayotte et de La Réunion. Toutes les solutions doivent désormais être étudiées, navires hôpitaux armés, ESCRIM, territorialisation de la stratégie vaccinale, accords sanitaires avec les pays de la zone pour y rapatrier une partie de ressortissants français vivant hors de la Réunion.

Nous souhaitons donc que le gouvernement prenne en compte de manière urgente la situation à La Réunion et à Mayotte. Notre hôpital réunionnais doit être soutenu en matériel et en moyens humains afin qu’il offre à nouveau à toutes les Réunionnaises et à tous les Réunionnais des soins de qualité, tout en participant à la solidarité sanitaire dont nous prenons depuis le début de la crise une large part.

Compte tenu de la situation sanitaire exceptionnelle à Mayotte, les moyens apportés à l’hôpital Mahorais doivent être exceptionnels également. Je rappelle que le territoire connaît les taux nationaux maximum sur l’ensemble des indicateurs liés à la crise sanitaire actuelle. Ces moyens matériels et humains permettront aux Mahorais de rester sur leur territoire, proches de leurs familles, durant leur période d’hospitalisation, mais également de libérer la pression sur le CHU de La Réunion.

Je me tiens à votre disposition si vous souhaitez échanger sur le sujet et vous prie, Monsieur le Premier ministre, de bien vouloir agréer mes salutations distinguées.

 

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