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Enzo « Fasty Foxy » Bellon, le prodige réunionnais qui éblouit Le Mans

Ecrit par N.P. – le lundi 7 avril 2025 à 15H10
Photo : MotorsMag

Le Superbike français a lancé sa saison 2025 ce week-end sur le mythique circuit du Mans, et une étoile a brillé plus fort que toutes les autres : Enzo Bellon, surnommé « Fasty Foxy ». À tout juste 15 ans, ce jeune Réunionnais est en train de sculpter son destin avec une précision et une audace qui forcent le respect. En lice pour le prestigieux Championnat FIM Junior GP, tremplin vers le Moto3 mondial, le saint joséphois Enzo a transformé cette course d’ouverture en une démonstration magistrale de talent brut et de maturité hors normes. Chapeau bas, jeune homme, tu portes déjà haut les couleurs de la Réunion et de la France !

Le décor est planté : le Championnat FIM Junior GP, organisé par la Fédération Internationale de Motocyclisme, est une arène où les pilotes de 16 à 23 ans s’affrontent sur des machines proches des Moto3 de Grand Prix. Sept événements, onze courses, un périple européen qui sent la gomme chaude et les rêves de gloire. Ce n’est pas juste une compétition, c’est un incubateur de talents, un creuset où se forgent les futures légendes du motocyclisme mondial. Bezzechi entre autres pilotes du MotoGP et du WorldSBK sort des rangs de cette série. Et en 2025, c’est Enzo Bellon, ce diamant réunionnais, qui représente l’espoir tricolore au sein du CIP Green Power. Basée au Pôle Mécanique d’Alès, cette équipe française, habituée à polir les jeunes prodiges pour les Championnats du Monde Moto3, a décidé de jouer un coup de maître cette saison : former ses pilotes en Junior GP pour les propulser ensuite dans le grand bain du MotoGP. Une stratégie visionnaire, et Enzo en est le fer de lance.

Ce week-end au Mans, « Fasty Foxy » n’était pas là pour faire de la figuration. Au guidon d’une Honda NSF250, il avait des objectifs clairs : reprendre ses marques, affiner sa gestion de course, et préparer son assaut sur le Junior GP qui démarre le 4 mai à Estoril. Avec son équipe, il a opté pour une stratégie audacieuse : conserver le même pneu avant tout au long du week-end, un pari risqué mais ô combien révélateur de son talent. « On a testé, mais dans la course 2, j’étais clairement à la limite de la gomme », a-t-il confessé avec une humilité désarmante. Et pourtant, même avec ce handicap, Enzo a survolé la concurrence comme un renard affamé dans un poulailler.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Mis à part une 7e place en FP2 – une petite faute de parcours vite oubliée –, Enzo a dominé chaque séance. FP1, FP3, essais chrono…Pole position en poche, il a ensuite écrasé les deux courses au programme avec une autorité sidérante. Dans la première, il colle 10,184 secondes à son plus proche poursuivant, un gouffre qui donne le vertige. Dans la deuxième, malgré un pneu avant au bout du rouleau, il s’impose avec 5,226 secondes d’avance, gérant son pilotage avec la sagesse d’un vétéran et l’instinct d’un prédateur. Collé derrière lui, le #9 Antoine Nativi partait à la faute dans le dernier virage laissant donc seul Enzo franchir la ligne à une place qui lui semblait réservée. On reste bouche bée devant tant de maîtrise à un âge où d’autres peinent encore à lacer leurs bottes.

« Ce n’est pas la moto que j’aurai pour le Junior GP », a-t-il expliqué avec un sourire modeste. « Mais ça permet de travailler le circuit et la gestion de course. » Quelle lucidité ! Car au-delà des chronos, ce week-end était une leçon de préparation. Time Attack, comportement en peloton, gestion des pneus : Enzo a coché toutes les cases avec une application exemplaire. Et dire qu’il n’a que 15 ans ! Ce gamin, né sous le soleil de la Réunion, est déjà un modèle de professionnalisme, un joyau brut que le CIP Green Power et la Fédération Française de Motocyclisme (FFM) polissent avec soin.

L'article en intégralité à retrouver sur motorsmag.fr

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