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Environnement : pétrels et tortues révèlent une pollution préoccupante [2/3]

La pollution plastique en mer et ses conséquences restent encore mal-étudiées, pourtant deux animaux marins représentatifs de la faune péi montrent déjà des signes inquiétants de contamination.
Ecrit par M.B. – le samedi 21 septembre 2024 à 14H12
Marie-Paule 2021

Régulièrement, les réseaux sociaux montrent des images d’animaux victimes de la pollution de leur environnement par le plastique que nous utilisons tous les jours. Des baleines aux estomacs remplis de sacs, ou encore des poissons pris dans des débris de filets de pêche abandonnés, ces visions d’horreur sont devenues de plus en plus communes. Hélas, La Réunion et sa faune marine ne sont pas épargnées.

Margot Thibault, doctorante au laboratoire Entropie de l’Université de La Réunion, a ainsi tenté d’évaluer la quantité de plastique que peuvent ingérer deux espèces dites “bio-indicatrice”, les tortues caouanne et les célèbres pétrels de Barau. “Leurs comportements en haute-mer permet d’avoir un aperçu de la pollution typique du large. Les pétrels vont, par exemple, se nourrir au Nord-Est de La Réunion, dans une zone très poissonneuse. Lorsqu’on observe le contenu des estomacs des oiseaux décédés lors des échouages pendant la période de reproduction, on voit que presque tous en contiennent. C’est vraiment désolant, et vu les quantités retrouvées, cela participe à affaiblir les individus. Cela provoque aussi des blessures internes à l’animal. La qualité de leur zone de nourrissage a été dégradée, et on ne sait pas encore les impacts pour toute l’espèce”, note la scientifique. Cette dernière précise aussi que des “juvéniles ont été retrouvés avec du plastique, or, ils ne s’étaient pas encore rendus en mer. Ils l'ont donc ingéré par le nourrissage des parents”.

Lire par ailleurs : Environnement : oui, il y a bien un “continent de plastique” dans l’océan Indien [1/3]

L’océan transformé en décharge

L’autre espèce étudiée de près est la tortue caouanne, véritable star du lagon réunionnais. Pourtant, les soigneurs de Kélonia qui récupèrent et remettent sur pied, ou nageoire, ces animaux, ont noté que de plus en plus de déchets étaient retrouvés parmi les déjections des animaux.

À chaque fois qu’ils nettoient le bassin où est soignée une tortue, ils mettent de côté et pèsent tout ce que rejette l’appareil digestif de la tortue. Et parfois, ce n'est vraiment pas joli à voir. Si on voit des bouts de plastique pas vraiment identifiables, il n’est pas rare de retrouver des brosses à dent entières, des briquets, des pailles ou des bouchons. Je me souviens même d’une fois où une ampoule intacte a été retrouvée. Tous ces déchets traversent la tortue, et peuvent mettre un mois à ‘ressortir’”, explique la biologiste marine. D’après les données qu’elle a pu recueillir grâce à Kelonia, plus de 90% des tortues soignées avaient ingéré du plastique. Un nombre qui a été multiplié par quatre depuis le milieu des années 2000.

Lire par ailleurs : Environnement : sur cinq plages observées, celle de la pointe du Diable est la plus polluée [3/3]

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