Enfants de la Creuse : la proposition de loi de Karine Lebon rejetée à l'Assemblée

La proposition de loi portée par la députée réunionnaise Karine Lebon, visant à reconnaître officiellement et à réparer les préjudices causés aux « Enfants de la Creuse », n’a pas été retenue par la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale.
La proposition de loi visant à réparer les préjudices causés dans le scandale des enfants de la Creuse vient d’être rejetée par la Conférence des présidents de l'Assemblée nationale. Le texte porté par Karine Lebon et soutenu par une vingtaine de députés ne sera donc pas examiné à l’Assemblée.
La députée Karine Lebon avait déposé, le 26 mars dernier, une proposition de loi pour la reconnaissance des préjudices subis par les enfants dits "de la Creuse ", ainsi que pour instaurer des mesures de réparation.
Dans les grandes lignes, le texte prévoyait la mise en place d'une allocation spécifique de réparation et de compensation financière aux victimes, l’instauration d’une journée nationale de commémoration fixée au 20 novembre, la création d’une « Maison de l’Accueil et de l’Immigration » dans la Creuse, ainsi que la création d’une Commission Vérité et Réconciliation.
La reconnaissance des préjudices subis "n'a pas été jugée prioritaire"
Le sort et le devoir de réparation envers les ex-mineurs réunionnais transplantés en France hexagonale entre 1962 et 1984 n’ont pas été jugés prioritaires par les présidents des groupes parlementaires. Ces derniers ont préféré retenir d’autres propositions, comme l’accès au vote par correspondance pour les personnes détenues ou encore une proposition permettant aux salariés de participer à des collectes de sang, de plaquettes ou de plasma sur leur temps de travail, lesquelles seront présentées dans l'hémicycle.
Pour la députée réunionnaise, c’est « une grande déception ». « Les espoirs des enfants de la Creuse ont été déçus », poursuit-elle en alertant sur la grande détresse psychologique des victimes qui « ne peuvent plus se permettre d’attendre » pour obtenir une reconnaissance.
Karine Lebon affirme toutefois poursuivre le combat pour obtenir réparation en faveur des victimes du scandale des « enfants de la Creuse ». La députée de la 2ème circonscription compte bien donner une seconde chance à sa proposition de texte : « J’étudierai toutes les voies de recours », assure-t-elle.


