Revenir à la rubrique : National

En Martinique, le groupe Parfait lourdement sanctionné par le gendarme de la concurrence pour avoir ignoré ses engagements

Ecrit par N.P. – le lundi 3 novembre 2025 à 18H31

L’Autorité de la concurrence a infligé une amende record de 7,6 millions d’euros au groupe Parfait pour n’avoir pas respecté les conditions posées lors du rachat de l’hypermarché Géant Casino et du centre commercial La Batelière. C’est la première fois qu’une même décision cumule trois sanctions distinctes.

L’Autorité de la concurrence a frappé fort. Dans une décision rendue publique ce lundi, elle inflige une sanction totale de 7,6 millions d’euros au groupe Parfait, acteur majeur de la grande distribution aux Antilles, pour trois manquements graves aux engagements qu’il avait pris lors du rachat de l’hypermarché Géant Casino et du centre commercial La Batelière à Schœlcher, en Martinique.

Autorisé à mener cette opération fin 2022, le groupe devait revendre l’hypermarché à un concurrent avant septembre 2023, afin de rétablir un niveau de concurrence suffisant dans la zone foyalaise. Mais la cession n’a été réalisée que deux ans plus tard, en septembre 2025, au profit du groupe Sainte-Claire (enseigne Ecomax qui s'est récemment implantée à La Réunion).

Lire aussi : Trois Intermark dans le viseur du groupe Sainte-Claire, spécialiste du hard discount

Dans l’intervalle, plusieurs tentatives de reprise ont échoué, en grande partie, selon l’Autorité, du fait du manque de transparence et de coopération du groupe Parfait.

Fermeté croissante

Au-delà du simple retard, l’Autorité relève que le groupe n’a pas préservé la valeur du site, dont elle a constaté la dégradation lors d’une visite sur place. Le centre commercial et l’hypermarché, laissés à l’abandon, ont perdu en attractivité, retardant encore la réouverture du site pour les consommateurs martiniquais.

Enfin, la société est sanctionnée pour avoir entravé le travail du mandataire indépendant chargé de suivre la mise en œuvre des engagements. L’Autorité souligne que le groupe Parfait n’a pas coopéré activement, compliquant le contrôle du processus de cession et de préservation des actifs.

Dans sa décision, l’Autorité insiste sur le caractère inédit de cette triple sanction – 4,5 millions d’euros pour le non-respect de la cession, 2,5 millions pour la dégradation de la valeur, et 600 000 euros pour le manque de coopération – rappelant que les engagements conditionnant une autorisation de rachat ont valeur obligatoire. Tout retard ou contournement constitue, selon elle, une infraction grave à « l’ordre public économique ».

Ce dossier illustre la fermeté croissante de l’Autorité face aux groupes de distribution qui cherchent à contourner les conditions posées lors de leurs acquisitions. En ne respectant pas ses obligations, le groupe Parfait a, selon l’instance, limité le choix des consommateurs martiniquais et altéré durablement la concurrence locale.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :