En garde à vue pour exhibitionnisme, il sort et commet une agression sexuelle

"C’est sa douzième victime, c’est un véritable prédateur sexuel insatiable", tels sont les mots forts prononcés par le procureur de la République dans le cadre de ses réquisitions. En effet, le prévenu a un casier particulièrement bien rempli qui débute en 1987 par une condamnation pour "attentat à la pudeur" sur mineur, appelé aujourd’hui agression sexuelle. Au fil du temps, il a agressé sexuellement 8 victimes et violenté 3 autres. Il écope au passage de 7 ans de réclusion criminelle pour viol en 2004 avec un suivi socio-judiciaire de 10 ans.
Cette fois, les faits se sont produits le 5 et le 17 octobre dernier à Saint-Benoit. Le 5 octobre, une envie lui prend subitement alors qu’il est sous l’effet de l’alcool. Il va derrière le clocher de l’église et se masturbe. Une femme le voit et appelle la police municipale. Son collègue de travail confirmera les faits et qu’elle n’a pas halluciné. Compte tenu de son palmarès, l'individu est placé en garde à vue. La loi imposant une expertise psychiatrique pour ce type de faits, la garde à vue est levée par le parquet en attendant l’expertise.
Elle doit son salut à un coup de tête
Le 17 octobre, toujours à Saint-Benoit, une jeune femme de 19 ans en service civique est victime d’agression sexuelle. Elle décrit un homme qui l’a bloquée dans le chemin et lui a mis la main au sexe de force par dessus sa robe. Elle ne doit son salut qu'à un coup de tête qui lui permet de se dégager et de se sauver. Totalement tétanisée et sous le choc, elle parvient à décrire son agresseur aux gendarmes. Le prévenu exhibitionniste est interpellé peu de temps après. Il est replacé en garde à vue.
L’expertise psychiatrique conclut à l’absence de problème neuro-psychiatrique et qu’il est accessible à une sanction pénale. Il apparait que le prévenu est sous curatelle, en proie à des problèmes psychiatriques et alcoolique. À la barre, s’il reconnait les faits, il invoque sa dépendance au rhum et indique : "Je ne sais pas se qu’il ce passe dans ma tête". "Aucune femme n’a envie de le croiser de près ou de loin", tance la partie civile pour les intérêts de la victime qui a reçu 10 jours d’ITT.
"C’est un véritable prédateur sexuel insatiable"
"Il comparait pour deux faits consécutifs. Il est en garde à vue pour exhibitionnisme, sort et commet une agression sexuelle", fustige le parquet. "Il représente un danger pour la société, c’est un enjeu de d’ordre public. C’est sa douzième victime, c’est un véritable prédateur sexuel insatiable", poursuit le magistrat qui requiert une peine de 5 ans de prison avec maintien en détention, un suivi socio-judiciaire de 10 ans assorti d’une injonction de soins et son inscription au fichier des délinquants sexuels.
"Il comprend à peine ce qu’on lui dit", répond la défense. "Il est âgé de 58 ans et n’a pas réussi sa vie. La personne que vous avez à juger est ce que l’on appelle une loque humaine. Il aurait dû être soigné depuis le début, il a aujourd’hui des problèmes psychiatriques et d’alcool, de plus, il est sous curatelle. Il n’est dangereux que quand il boit. Cinq ans de prison ne vont pas le soigner, il faut penser à la sortie de détention", plaide la défense.
Le tribunal condamne le prévenu à 4 ans de prison avec maintien en détention. Il prononce un suivi socio-judiciaire de 5 ans et une injonction de soin.


