EMR : Une entreprise et 20 salariés en sursis à Ste-Marie à cause de la lenteur de la CINOR

C'est une entreprise en sursis qui vit difficilement sa situation actuelle. A la fois engagée dans des commandes à livrer dans les mois qui viennent, mais qui n'est aussi pas sûre de passer l'année. Cette entreprise, EMR (Enseigne maintenance Réunion), spécialisée dans la production de panneaux signalétiques et d'enseignes lumineuses, est le leader dans l'île depuis dix ans.
Après une année 2010 déjà placée sous la menace d'expulsion de leur atelier de la Mare à Sainte-Marie, un ultime sursis leur a été octroyé en décembre dernier par le tribunal d'instance de Saint-Denis. Un délai de huit mois pour trouver un nouvel emplacement sur Sainte-Marie qui se termine le 30 septembre prochain.
Si la réappropriation des locaux actuels de la société est désormais acquise par CBo Territoria qui souhaite agrandir son espace face à son siège, ce que EMR ne conteste d'ailleurs pas puisqu'elle n'en était que locataire, la mise à disposition d'un nouvel emplacement tarde à se confirmer du coté de la CINOR qui dispose d'un local désaffecté qui ferait bien l'affaire.
27 emplois menacés
Sans local dans lequel transférer ses machines affectées à la fabrication de signalétiques, l'entreprise EMR voit le pire arriver de jour en jour. La date butoir, celle de l'expulsion de cet atelier, a été prorogée au 30 septembre prochain. Un sursis supplémentaire de la part de CBO qui sera bien le dernier, après déjà un premier prolongement en début d'année dernière. Charge à l'entreprise EMR de trouver un local pouvant accueillir ses employés et ses machines.
Et c'est sur cet aspect que les choses se compliquent pour l'entreprise sainte-marienne. A environ un kilomètre de l'atelier actuel de la Mare se trouve un entrepôt de 3.600 m2 (l'ancien bâtiment ICM) qui ferait le bonheur de la société EMR et de ses employés. Mais voilà, au moment même où EMR adresse sa demande auprès de la CINOR (l'intercommunalité du Nord), propriétaire de l'entrepôt depuis 2004 pour en occuper une partie de l'espace, les événements négatifs s'accumulent pour l'entreprise sainte-marienne.
Des relances sans réponses
Premier accroc, l'entreprise EMR se voit inviter à formaliser sa demande d'occupation de ces locaux appartenant à la CINOR jusque-là prête à lui céder le bâtiment inoccupé. "Fin mars 2010, nous avons déposé notre dossier des travaux à faire avant d'occuper l'entrepôt. Le directeur des services économiques de la CINOR nous avait laissé les clés pour qu'on ait une idée des rénovations à y effectuer. L'idée annoncée par celui-ci était que nous fassions nos plans, tout marchait parfaitement, le bâtiment semblait nous être destiné" tient à préciser José Herraiz, le directeur général d'EMR. Au total, le chef d'entreprise prévoit une réhabilitation pour un coût estimé à environ 200.000 euros (sans compter le coût des études déjà engagées pour la faisabilité).
"A partir de là, tout se complique" affirme-t-il. Quelques semaines après le dépôt de son dossier, le chef d'entreprise apprend que son projet de récupération des locaux est suspendu à une promesse d'achat qu'aurait formulée la SOBEFI (groupe immobilier bien connu). Un détail nouveau qui étonne le dirigeant d'EMR qui affirme que le local en question était censé être exploité par la CINOR elle-même. "Celle-ci avait notamment parlé d'y faire une cuisine centrale", dit-il.
L'espoir d'une médiation
"Au moment où nous parlons, nous n'en savons encore rien de cette promesse de vente qui tarde à venir et qui aurait été prolongée à maintes reprises". "Toujours est-il que nous avions sollicité l'ancienne présidente de la CINOR en la personne d'Ericka Bareigts et aussi l'actuel président, monsieur Lagourgue, qui ne nous ont jamais répondu".
La situation est critique. Il s'agit du sort de 27 employés qui se retrouveront sans boulot au mois de septembre (ndlr : au moment donc où CBO reprendra son local à la Mare).
Les plus hautes instances politiques locales (Région, Agence de Développement, Préfecture…) ont été alertées par José Herraiz, pour l'heure sans réponse. Seul espoir auquel se raccroche le DG de l'entreprise, la promesse d'une médiation de la part de l'Agence de développement qui réunirait tous les acteurs (du président de la CINOR, Jean-Louis Lagourgue et lui-même, le directeur d'EMR). "Nous attendons beaucoup de cette médiation pour que nous puissions occuper ce local précis (1.500 m2 des 3.600 suffiraient amplement) ou un autre local ailleurs à la limite. Mais le plus grave reste de ne pas avoir de réponse à nos multiples sollicitations" confie José Herraiz.
Le temps presse.


