Emmanuel Macron repousse tout remaniement à "la mi-août", après les Jeux Olympiques

Invité ce soir du "20 heures" de France 2 pour sa première interview depuis les élections législatives, le président de la République est revenu sur la dissolution qu’il a déclenchée dès les résultats des européennes connus. "L’Assemblée nationale ne correspondait plus à la société française", a-t-il indiqué. Il dit "avoir pris ses responsabilités" avec "beaucoup de gravité", en rappelant qu’une motion de censure allait de tout façon intervenir à l’automne avec l’étude du budget 2025. "J'ai demandé aux Français et Françaises de choisir. Ce n'était pas un choix facile", a redit Emmanuel Macron.
Interrogé sur le RN écarté des postes de l’Assemblée, malgré les 11 millions de voix qu’il a recueillies au premier tour, le président a estimé que "l’on devait l’entendre et le respecter". Toutefois, n’étant « pas [chargé] des règles à l’Assemblée nationale" et faisant référence à la séparation des pouvoirs, Emmanuel Macron a estimé que même si ce "n’était pas une bonne chose", il n’en était pas responsable, tout en rappelant "qu’il n’y a pas de sous-députés".
Le camp présidentiel va-t-il gouverner demain avec Les Républicains ? Faisant référence au pacte législatif proposé par Laurent Wauquiez, Emmanuel Macron estime que "ça montre déjà un chemin qui a été fait en quinze jours et donc ça va dans la bonne direction à mes yeux". "Il faut que toutes les forces, encore une fois, qui ont travaillé ensemble dans l’entre-deux-tours fassent collectivement de même", a-t-il appelé, jugeant que la "responsabilité des forces politiques qui ont fait barrage [au RN] est immense".
Concernant son choix de laisser le gouvernement de Gabriel Attal en place pour gérer les affaires courantes pendant les Jeux olympiques, il affirme avoir "choisi la stabilité avec des ministres qui ont eu un engagement remarquable", estimant que "nous ne sommes pas en mesure actuellement de changer les choses".
Le président, qui reconnaît la défaite de la majorité sortante, "bien évidemment", estime toutefois que "personne n’a gagné".
Interrogé sur la proposition du nom de Lucie Castets par le Nouveau Front populaire pour Matignon, Emmanuel Macron a estimé que "le sujet n'est pas là. La question ce n'est pas un nom, mais quelle majorité à l'Assemblée nationale", estimant qu’il "serait faux de dire que le Nouveau Front populaire a une majorité quelle qu’elle soit". "Aucun parti ne peut appliquer son programme, ni le NFP, ni la majorité présidentielle ni la droite républicaine. Il va falloir savoir faire des compromis", a-t-il ajouté.
"La clarification de la fin de la semaine dernière est assez simple", a indiqué Emmanuel Macron, faisant référence la candidate à l'élection de la candidate du camp présidentiel, Yaël Braun-Pivet, au perchoir de l’Assemblée nationale, et à la défaite du candidat du NFP, André Chassaigne. "La question, c’est quelle majorité peut se dégager à l’Assemblée pour qu’un gouvernement de la France puisse passer des réformes, passer un budget et faire avancer le pays ?", a-t-il relevé. "Le NFP a eu un candidat et il n’a été pas été élu".
Pour le président de la République, "l’enseignement" des législatives, "c’est que personne ne peut appliquer son programme (…) qu’il soit commun ou pas". "Aucun d’entre eux ne peut le faire, ni le Nouveau Front populaire, ni la majorité sortante, c’est-à-dire Ensemble pour la République avec le MoDem et Horizon, ni la Droite républicaine", a-t-il renchéri. Le président appelle dès lors les partis à "être à la hauteur du moment et des responsabilités que les Françaises et [les] Français [leur] ont données", et donc "de savoir faire des compromis".
Le chef de l’Etat a reconnu qu’il y a un "problème d’accès aux services publics", "d’accès à la santé". "Nous devons aller plus loin à cet égard, et il appartiendra au gouvernement et aux responsables politiques qui le soutiendront de faire des propositions", a-t-il estimé.
Pour la suite du quinquennat, M. Macron plaide pour "plus de fermeté, plus de sécurité et plus de justice, plus de simplicité et mieux vivre de son travail".
Interrogé sur son éventuelle démission en cas de blocage politique, Emmanuel Macron a une nouvelle fois balayé une telle hypothèse. "Les Françaises et les Français m’ont confié un mandat. Je l’ai sollicité pour la deuxième fois. Ils me l’ont confié pour la deuxième fois et je l’assumerai dans sa plénitude", a-t-il assuré, défendant que son "souhait, c’est la stabilité pour le pays".
Dans la deuxième partie de l’interview consacrée aux Jeux olympiques, Emmanuel Macron a confirmé que la cérémonie d'ouverture de ce vendredi 26 juillet se déroulera bien sur la Seine malgré "le défi sécuritaire".


