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Emmanuel Macron propose une nouvelle majorité gouvernementale aux Républicains, Socialistes et Verts

Emmanuel Macron a exposé en fin de matinée, pendant une conférence de presse qui a duré près de trois heures, sa stratégie à une dizaine de jours du premier tour des élections législatives consécutives à sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale. Il a invité à un rejet des extrêmes, le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI), même s’il ne les cite pas explicitement, et à une réunion des démocrates au sein d’une nouvelle majorité de gouvernement et autour d’une « fédération des projets » des républicains comprenant selon lui les sociaux-démocrates, la droite gaulliste et les écologistes. Les premières réactions, aussi bien au Parti Socialiste (PS) que chez Les Républicains (LR), semblent indiquer qu’ils ne sont pas prêts à franchir le pas. En tous les cas, pas avant le premier tour. Il pourrait en être autrement après le 7 juillet, dans l’hypothèse où ce serait le seul moyen d’éviter une arrivée du RN au pouvoir.

Ecrit par Pierrot Dupuy – le mercredi 12 juin 2024 à 16H34

Emmanuel Macron a livré son plan stratégique lors d’une conférence de presse marathon qui a duré près de trois heures, à quelques jours seulement du premier tour des élections législatives anticipées. Ce scrutin fait suite à sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale, une initiative qui a bouleversé le paysage politique français. Il a justifié la dissolution de l’Assemblée nationale comme un moyen de clarifier les choses et de permettre une meilleure gouvernance. Il a appelé à une mobilisation massive pour contrer les extrêmes et a souligné l’importance de la stabilité et de l’unité pour l’avenir de la France.

Une offre d’alliance à tous les républicains, sans LFI et le RN

Durant son allocution, Emmanuel Macron a fermement appelé à un rejet des extrêmes, en particulier du Rassemblement National (RN) et de La France Insoumise (LFI), bien qu’il n’ait pas mentionné ces partis nommément. À la place, Emmanuel Macron a prôné la formation d’une « fédération des projets » qui unirait les républicains de différents horizons politiques, incluant les sociaux-démocrates, la droite gaulliste et les écologistes. Il a critiqué l’alliance formée par le nouveau Front populaire, la qualifiant de déplorable.

Reconnaissant certaines failles dans ses réalisations, Emmanuel Macron a admis ne pas avoir répondu suffisamment vite aux préoccupations légitimes des citoyens, notamment dans les zones rurales et les quartiers en difficulté.

Pas de débat avec Marine Le Pen

Dans le cadre des prochaines législatives, Emmanuel Macron a précisé qu’il ne mènerait pas la campagne de la majorité, cette responsabilité revenant au Premier ministre. Il a également rejeté l’idée d’un débat avec Marine Le Pen, évoquant des tentatives infructueuses de débat avant les élections européennes. « Le président de la République doit donner un cap, une vision. Mais il n’est pas là pour faire campagne aux législatives« , a-t-il affirmé, soulignant la nécessité d’une majorité claire pour gouverner efficacement et répondre aux urgences des citoyens.

Le RN trop proche de la Russie et qui souhaite la sortie de l’OTAN

Emmanuel Macron a réitéré son engagement à déclencher un mouvement de clarification politique, soulignant que l’émergence de l’extrême droite et de l’extrême gauche nécessite une réponse démocratique. Il a accusé le RN d’entretenir une ambiguïté par rapport à la Russie et à l’OTAN, tout en critiquant la vision balkanisée de la diplomatie prônée par l’extrême gauche, qu’il juge incompatible avec les relations internationales actuelles, notamment vis-à-vis de l’Ukraine et du Proche-Orient.

La fin des grandes régions ?

Emmanuel Macron a évoqué la nécessité de réformer l’organisation administrative territoriale pour plus de simplicité et de liberté. Il propose de supprimer un échelon territorial, rouvrant ainsi le débat sur les grandes régions, souvent critiquées pour avoir éloigné les centres de décision politique des citoyens. « Il nous faut déconcentrer beaucoup plus rapidement« , a-t-il déclaré, soulignant l’importance de redonner aux citoyens la liberté de choix sur le terrain.

Pas de téléphones avant 11 ans et de réseaux sociaux avant 15 ans

Concernant les jeunes, Emmanuel Macron a promis des mesures strictes concernant l’usage des téléphones et des réseaux sociaux, avec une interdiction de leur utilisation avant 11 et 15 ans respectivement. Il a insisté sur le fait que cette mesure vise à protéger les jeunes des effets négatifs des écrans, comme le harcèlement, la violence et le décrochage scolaire. « Il faut un âge pour la majorité numérique« , a-t-il défendu, en accord avec les recommandations d’une commission d’experts.

Suspension du projet de réforme constitutionnelle sur la Nouvelle Calédonie

Sur la Nouvelle Calédonie, Emmanuel Macron a annoncé la suspension du projet de réforme électorale très contesté, soulignant l’importance de favoriser le dialogue et le retour à l’ordre dans l’archipel. « Le projet de loi constitutionnelle qui a été voté dans les mêmes termes par les deux chambres, j’ai décidé de le suspendre parce qu’on ne peut pas laisser l’ambiguïté dans la période« , a-t-il expliqué.

Les retraites seront bien indexées sur l’inflation

En matière économique, Emmanuel Macron a réaffirmé que les retraites seront indexées sur l’inflation, contredisant les accusations du RN sur un supposé agenda caché. « Les retraites seront bien indexées sur l’inflation, le pouvoir d’achat des retraités, ce n’est pas une variable d’ajustement pour nous », a-t-il assuré. Emmanuel Macron a plaidé pour une France en paix et équilibrée, mettant en avant la nécessité d’une majorité capable de répondre aux exigences des Français tout en restant ferme sur les valeurs républicaines. « La majorité veut une France puissance de paix et d’équilibre », a-t-il déclaré, en référence à la position de la France sur l’Ukraine, le Proche-Orient et au sein de l’Europe.

Confirmation des 8 nouveaux réacteurs nucléaires

Sur le front de l’énergie, Emmanuel Macron a confirmé son engagement à construire huit nouveaux réacteurs nucléaires, indispensables à la transition énergétique, un projet qu’il avait initialement annoncé en février 2022, avant même le début de la guerre en Ukraine. « À l’extrême droite, on nous explique qu’il faut choisir entre l’écologie et l’économie. C’est un renoncement au projet écologique« , a-t-il critiqué, évoquant également la politique de taxation de l’extrême gauche.

Un mea culpa sur le logement des jeunes

Sur la question du logement des jeunes, Emmanuel Macron a fait son mea culpa, admettant que ses différents gouvernements n’avaient pas assez progressé sur ce sujet crucial. « C’est un sujet sur lequel nous n’avons pas assez avancé et où la France a été trop timide et j’en porte la responsabilité« , a-t-il concédé.

Le retour de l’autorité

Emmanuel Macron a promis une autorité républicaine à tous les niveaux, avec une action implacable pour plus de sécurité et de fermeté. Il a insisté sur la nécessité de réduire l’immigration illégale et de mieux contrôler la question des mineurs non accompagnés, qu’il considère comme un problème de sécurité. « Nous devons répondre avec plus de fermeté à la montée de la violence des mineurs qui mine la cohésion nationale« , a-t-il déclaré.

Priorité au coût de l’énergie, à l’allègement des charges et aux métiers mal rémunérés

Pour conclure, Emmanuel Macron a appelé à un rassemblement autour de la majorité présidentielle pour contrer les extrêmes et a proposé des mesures concrètes pour améliorer le quotidien des Français, notamment en ce qui concerne le coût de l’énergie, l’allègement des charges et les métiers mal rémunérés. Il a également plaidé pour l’intégration des propositions des sociaux-démocrates, des gaullistes et des écologistes pour nourrir une cohérence au sein de cette majorité.

Thèmes : Emmanuel Macron
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