Echangeur de la Possession : Roland Robert désavoué par le Conseil général

Philippe Lew n'en démord pas. A coup de relances de courriers adressés aux différentes collectivités territoriales concernées, le "simple citoyen" de la Possession, comme il aime à se présenter, mais opposant ferme à la politique de Roland Robert, tient selon lui la preuve du mensonge de l'équipe municipale. Le personnage était pourtant le mandataire financier de Roland Robert en 2001, c'était pour les municipales, avant d'entrer en dissidence.
Des discours d’intention lors de la campagne
Au coeur des volées de bois verts : la réalisation tant espérée par les habitants de la Ravine à Malheur d'une sortie sécurisée et rapide vers le Port et Saint-Paul via la RN1 (au niveau de l'entrée de ville de la Possession en venant de Saint-Denis à la manière du pont qui enjambe la quatre-voies en face du Chaudron). Un projet qui dort dans les cartons depuis une dizaine d'années.
Le courrier reçu du Conseil général il y a peu (voir pièce 1) sonne comme une évidence : le pont métallique démontable qui devait enjamber la RN1 ne se fera pas. Seconde évidence selon Philippe Lew : Roland Robert a, de manière délibérée, trompé ses administrés en faisant croire que la réalisation d’un tel ouvrage était déjà chose acquise du côté du Département. Pourtant, les échanges de courrier entre collectivités démontrent que la réticence du Département remonte avant le changement de majorité à la pyramide inversée. Rappel des faits...
Il y a deux mois, à quelques heures de la fin de la campagne officielle avant le premier tour des cantonales, les deux candidats Roland Robert (Parti communiste) et Jérôme Testan (UMP - Réunion en confiance) se livrent à un dernier coup d’esbroufe via médias interposés.
A ce moment-là, Roland Robert montre du doigt les promesses du candidat UMP en brandissant un courrier de la Région datant de 2010 (voir pièce 2). Celui-ci, signé de Jean-Louis Lagourgue, rappelle les freins à la construction d'un ouvrage de VMD (Viaduc métallique démontable) au-dessus des quatre voies de la RN1. Une sortie qui permettrait aux habitants de Ravine à Malheur d'éviter le centre de la Possession, toujours encombrée lors des fréquents basculements de la Route du littoral. Une réalisation attendue "avec la plus grande impatience pour que nos concitoyens ne soient plus prisonniers chez eux lors des intempéries", précise Philippe Lew.
Un pont à durée de vie très limitée
Jean-Louis Lagourgue s'exprime en ces termes : "L'étude de faisabilité n'a pas pris en compte certaines incidences du projet impliquant des aménagements complémentaires onéreux ou ayant des effets négatifs importants sur l'exploitation de la route". Le vice-président de Région y ajoute deux autres facteurs qui peuvent se révéler "rédhibitoires" : "L’impact concernant les nuisances sonores auprès des riverains mais aussi en cas de défaillance de l'ouvrage de franchissement suite à un événement climatique majeur".
Dans un tract distribué en cours de campagne, Roland Robert est sûr de son fait. "Si la Région n’y avait pas opposé son véto, les travaux seraient déjà en cours !", tout en affirmant que "toutes les études sont aujourd’hui finalisées pour construire un VMD et que sous l’impulsion de Roland Robert, le Conseil général est prêt à le financer" (voir pièce 3).
Ce dernier argument finira par interpeller Philippe Lew. Questionnant les deux collectivités territoriales que sont la Région et le Département, une évidence s'impose : le projet est enterré. "Le Département ne soutient même pas les propos de son propre 1er Vice-président", selon le citoyen possessionnais. En date du 27 mai 2011, la réponse de la Direction des services techniques du Département traduit cette réalité (pièce 1) : "Le Conseil général a étudié début 2010 une liaison directe entre la RD41 et la RN1 en direction de l'Ouest, par l'intermédiaire d'un ouvrage d'art provisoire". Une infrastructure qui ne pouvait pas être réalisée sans l'accord du gestionnaire de la RN1 (c'est-à-dire les services des routes de la Région) continue le courrier. "A la lecture de ces éléments de réponse et compte tenu de la réalisation d'un échangeur complet dans le cadre du futur projet de route du littoral, le Conseil général ne peut poursuivre davantage l'étude de cette solution provisoire".
Le Conseil général avait pourtant senti le coup en février 2010
"Nous avons la preuve que Roland Robert a menti en disant que le Conseil général était prêt. Nous avons désormais la réponse", se félicite Philippe Lew, non content d'avoir mis le doigt sur un positionnement de campagne annoncé "sans fondement et visant, à travers Jérôme Testan, le Conseil régional".
Le plus étonnant vient à la lecture d'un courrier du Conseil général daté de février 2010 et qui dévoilait la frilosité du Département dans la réalisation de cet ouvrage temporaire. "Dans l'étude de la réalisation éventuelle de cette infrastructure, nous (le Conseil général, ndlr) devrons prendre en considération cette option dont la durée de vie devra être corrélée aux échéances de livraison du projet de la nouvelle Route du littoral et de son échangeur", affirmait Michel Dennemont (voir pièce 4). Nous étions en février 2010, donc bien avant le changement de majorité à la Région.
Une phrase noyée dans un courrier dont aurait dû, assurément, s'inspirer le maire de la Possession. Une position de contestation vis-à-vis du candidat Testan d’autant plus en décalage que le conseiller général en place depuis 40 ans aura eu tout loisir de faire aboutir ce dossier de CD41/RN1 sous la majorité régionale précédente, conçoit Philippe Lew, qui ne se fait pas prier pour ressortir du placard des tracts de campagne de 2001 annonçant la réalisation sans tarder du fameux pont métallique.
Un pont décidément trop loin…
Pièce 1 : Le Conseil général confirme la non poursuite des études :
Pièce 2 : Jean-Louis Lagourgue émet de sérieux doutes quant à la réalisation d'une telle structure, nous sommes en 2010 :
Pièce 3 : "le Conseil général est prêt à financer le pont" s'était un peu trop avancé un tract de Roland Robert :
Pièce 4 : Le Conseil général avait annoncé la couleur avant même le changement de majorité régionale :



