Domenjod : L'ex-détenu qui avait agressé un surveillant retourne en prison

Présenté ce vendredi en comparution immédiate pour être jugé pour violences, Amjad G. indique à la présidente ne plus se souvenir avoir été jugé par elle-même le 12 juillet dernier. Il comparait ce jour pour des violences commises le 9 juillet dernier sur deux agents pénitentiaires. Le prévenu explique avoir fui le Soudan pour la Syrie à cause de la guerre. Retrouvant un terrain hostile en Syrie, il est ensuite venu en France pour trouver une vie meilleure.
La partie civile indique que les agents ont été surpris de cette agression, car tout se passait bien avant cela. « Il faut se méfier, car il est bizarre », ont indiqué d’autres détenus à son égard. En garde à vue, le prévenu dit avoir fait cela « peut-être parce qu’il était fâché ». La partie civile ajoute qu’il a parfois le regard vide et peut partir en vrille à tout moment, et explique que le retentissement psychotique est très présent chez les agents.
De son côté, le parquet souligne que « nous avons une dette envers ces hommes et ces femmes qui nous permettent de maintenir un climat de paix publique dans la société ». Le procureur ajoute que « les violences sur les surveillants pénitentiaires sont fortement réprimées, car face à ce comportement, il faut une réponse ferme. Il reconnaît les faits, les violences sont donc parfaitement caractérisées. Il est sorti la semaine dernière et se retrouve à la rue. C’est un profil inquiétant qui mérite une prise en charge". Le parquet rappelle que l'expertise psychiatrique avait conclu en 2021 à une abolition du discernement lors des faits d'exhibition et poursuit : "Il ne faut pas sous-estimer ses problèmes psychologiques. Il faut le mettre hors d’état de nuire. Je requiers une peine mixte de 18 mois de prison dont six mois de sursis probatoire renforcé ainsi qu’un mandat de dépôt ».
Pour la défense, « il y a beaucoup de chose à dire sur sa personnalité, les faits, eux, sont reconnus ». La robe noire poursuit en indiquant que « si vous le renvoyez en prison dans trois jours, c'est rebelote. Il a surtout besoin de soins. Il faut se poser les bonnes questions. Je pense que c’est suite à une forte pression médiatique qu’il est devant vous aujourd’hui. Il lui faut une hospitalisation sous contrainte. On doit aider ce monsieur. Ce n’est pas un criminel de bas étage. La peine ne doit pas faire plaisir aux agents pénitentiaires, mais être juste », plaide avec habileté Me Nicolas Samson.
Après délibération, le prévenu est condamné à 12 mois de prison dont six mois avec sursis probatoire renforcé. Le tribunal décerne un mandat de dépôt à l’encontre du prévenu, prenant en compte sa « personnalité inquiétante ».
Vincent Pardoux, du syndicat FO Pénitentiaire, s'exprime : "On est satisfait de cette réponse pénale qui démontre une nouvelle fois que lorsqu'on agresse un personnel de l'administration pénale, il y aura une condamnation. D'autre part, le mandat de dépôt à l'audience permet de maintenir la sécurité publique, car le profil du mis en cause est inquiétant, on a pu le constater lors de l'audience. On n'oublie pas non plus le contexte et si nous sommes aujourd'hui en audience au TJ de st Denis, c'est en grande partie grâce au relais médiatique que nous avons eu pour dénoncer la libération de cet individu dans la semaine. La question de la prise en charge psychiatrique et l'absence de structure adaptée dans notre région, est une nouvelle fois mis en avant par ce dossier. Car la place de l'intéressé est dans une unité psychiatrique pénitentiaire (UHSA) et pas en détention normale."


