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Didier Robert (re)prend la parole : “à droite, il y a besoin d’une clarification”

Ecrit par P.M. – le lundi 15 décembre 2025 à 06H30
Présent hier au lancement de campagne de Thierry De Gerus, Didier Robert a dévoilé (en partie) sa feuille de route politique.

Présent ce dimanche à Salazie à l’occasion du lancement de campagne de Thierry De Gerus, Didier Robert a repris publiquement la parole après plusieurs années de mise en retrait. L’ancien président de la Région entend clairement peser dans la campagne municipale et au-delà participer à un “renouvellement politique” et à une “clarification” à droite. Un cap est fixé.

Didier Robert est de retour. “Je suis très heureux de pouvoir à nouveau m’exprimer dans l’espace public”, a-t-il lancé ce dimanche en ouverture de sa prise de parole en soutien à Thierry De Gerus, en présence de plus de 250 personnes au restaurant du Voile de la Mariée.

Depuis sa défaite aux régionales de 2021, déclare-t-il – et aussi en raison de ses démêlés judiciaires – l’ancien président de la Région avait mis entre parenthèses sa carrière politique “pour observer l’évolution de la situation politique”

Le récent fiasco judiciaire du procès de l’affaire dite des emplois présumés fictifs à la Région lui redonne des couleurs et l’envie de retourner dans l’arène politique.

Lire aussi : Rififi chez les magistrats avec l’échec du procès des emplois fictifs à La Région

“J’ai toujours été un militant de La Réunion et je resterai toujours un militant de La Réunion. J’ai des valeurs, j’ai des convictions”, ajoute-t-il, revendiquant un engagement intact malgré les difficultés : “Ça fait longtemps que j’ai appris à rester debout, à rester digne, à combattre. Parce que la vie est un combat, et la vie politique est un combat encore plus difficile que les autres.”

“Faire de La Réunion une plus belle Réunion demain”

Pour Didier Robert, cet engagement ne vaut que s’il s’inscrit “au service de la population”, animé par la “foi”, la “sincérité” et la “détermination”. Il affirme revenir aujourd’hui dans l’espace public avec la volonté d’agir sur le long terme, semblant ouvrir une nouvelle page politique : “Le combat que nous menons doit permettre à La Réunion d’être une plus belle Réunion demain, où chaque femme, chaque homme, chaque enfant trouve davantage sa place. Le travail, la dignité, la responsabilité font partie de notre ADN, ce sont ces combats-là que nous devons mener.”

Rémy Lagourgue était également présent.

“Comme en 2010” : un appel à renverser les systèmes installés

Durant son intervention, l’ancien président a multiplié les références à un précédent moment de rupture : “Nous lé comme en 2010. En 2010, il y a eu un moment de changement, un moment de fracture à La Réunion, avec un système qui commençait à vieillir, notamment au niveau de la Région. Ce système-là qui vieillissait, c’était une espèce de clan, un clan fermé, où c'était toujours les mêmes qui avançaient, toujours les mêmes qui tiraient profit de ce qui pouvait se faire dans l'espace public. Malgré tout ça, on a réussi à casser le système. On a réussi à renverser la table. On a réussi en 2010 à prendre la Région.”

Selon lui, la situation actuelle nécessite une dynamique comparable : “Aujourd’hui, le challenge à Salazie est le même : renverser la table, casser un système.”

Il évoque un mode de fonctionnement centré, selon lui, sur les luttes d’influence en ciblant l’ancien maire du cirque, Stéphane Fouassin : “Tu ne peux pas aujourd’hui faire comme il est en train de faire : batailler pour savoir qui ça va à la mairie, qui ça va au Sénat, qui ça va à la Cirest. Ce n’est pas ça la politique. La politique, c’est se battre pour des valeurs, des convictions et un projet.”

Sabrina Ramin et Rémy Lagourgue. La première doit officialiser sa candidature ce mercredi à Saint-Benoît.

Aux “invertébrés” de la droite : “Il y a besoin d’une clarification”

Au-delà du cas de Salazie, Didier Robert livre un diagnostic sans détour sur son propre camp : “Autant aujourd’hui la gauche avance tranquille, autant chez nous aussi à droite, il y a besoin d’une clarification.” Il dénonce des comportements politiques fluctuants : “Il y en a qui sont, comme je les appelle, des invertébrés : de temps en temps ils sont à gauche, de temps en temps ils sont à droite. Finalement, la population ne sait plus où il faut aller.”

L’ancien président de la Région appelle à un “renouvellement politique” basé sur une colonne vertébrale solide : “S’il y a des invertébrés, moi j’ai une colonne vertébrale.” Un message qu’il présente comme un préalable indispensable à la reconstruction : “Aujourd’hui, à Salazie, c’est un moment de reconstruction.”

D’autres soutiens à venir

Un discours long et structuré, des références répétées à son rôle passé et futur qui confirment qu’il entend revenir dans le paysage politique. Plus tard, interrogé à l’issue de son discours, il résume sa démarche : “Je suis à nouveau dans l’espace public, pour exprimer, pour partager mes valeurs, mes convictions et soutenir les femmes et les hommes qui, au moment de ces élections municipales, devront participer à la construction d’une Réunion nouvelle.”

Un soutien apporté ce dimanche à Thierry De Gerus à Salazie, qui suit celui déjà apporté à Laurent Virapoullé à Saint-André via le ralliement de Jessika Richard, la présidente de son parti politique, Objectif Réunion. La présence également dans le cirque hier de Rémy Lagourgue et de Sabrina Ramin laisse augurer d’autres soutiens en leur faveur sur Sainte-Marie et Saint-Benoît. D’autres suivront : “Je continuerai à le faire dans l’Ouest et le Sud”, confie-t-il. On peut aussi penser à Michel Vergoz à Sainte-Rose, voire à David Lorion à Saint-Pierre.

Lire aussi : Saint-André : présidente d’Objectif Réunion, Jessika Richard rejoint Laurent Virapoullé

Sera-t-il candidat ?

Des soutiens aux quatre coins de l’île qui s’inscrivent dans une vision tournée vers l’avenir : “Quand on fait de la politique, on ne le fait pas pour nous aujourd’hui. On le fait pour les marmailles de demain. C’est construire pour demain, transmettre pour l’avenir, qui doit constituer notre colonne vertébrale.”

Sera-t-il lui-même candidat ? “Je répondrai à cette question très rapidement.”

S’il n’a pas apporté toutes les réponses, Didier Robert a commencé à dévoiler sa feuille de route politique ce dimanche à Salazie.

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