Des dépeceurs de VHU condamnés par la justice

Stocker des véhicules hors d’usage pour prélever des pièces et les vendre fait l’objet d’une réglementation bien précise. Ces VHU considérés comme des déchets dangereux doivent être dépollués et valorisés dans des centres agréés. Christopher, 26 ans, et Razaly 65 ans ont dérogé à ces règles dans un contexte où l’épidémie de dengue gagne du terrain.
Le premier a fait venir des VHU par dépanneuse sur son terrain à Saint-Joseph. La police municipale, alertée par des voisins, a constaté la présence des épaves le 6 novembre 2019. Une activité au noir pour arrondir ses fins de mois.
Le deuxième, concessionnaire automobile, avait déjà été mis en demeure et condamné en 2017 pour une installation non déclarée à la Ligne Paradis. A nouveau en février 2020, les agents de la DEAL ont constaté qu’une centaine d’épaves sont stockées sans enregistrement administratif ni agrément cette fois-ci dans la ZI 3 de Saint-Pierre.
"Plus de 20 morts directement liés à la dengue et des centaines d’hospitalisation". Le combat contre la dengue passe par la lutte contre les gîtes larvaire, a rappelé le vice-procureur Benoît Bernard. Face au sexagénaire, diminué par la maladie et par la liquidation de son entreprise, le représentant de la société a tenu à faire passer le message. "Le prévenu a laissé pourrir la situation, il faut bien qu’il l’entende. Ce n’est absolument pas correct pour les autres et la collectivité".
Le tribunal a finalement tenu compte de la situation de Razaly en le relaxant de l’accusation de mise en danger d’autrui. En revanche, il l’a condamné à deux mois de sursis, 500 euros d’amende et l’interdiction d’exercer une activité professionnelle en lien avec la vente de pièces auto durant 5 ans.
Christopher devra lui réaliser 105 heures de TIG avant 18 mois.


