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Dérives au CNARM : Karine Lebon demande une commission d’enquête parlementaire

Ecrit par Ludovic Grondin – le mercredi 11 mars 2026 à 12H21

La députée réunionnaise Karine Lebon demande la création d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur les dysfonctionnements et l’usage des fonds publics au sein du CNARM.

Après les révélations de la Chambre régionale des comptes sur la gestion du Comité national d'accueil et d'actions pour les Réunionnais en mobilité (CNARM), la députée de la 2e circonscription de La Réunion, Karine Lebon, informe qu'elle a déposé une proposition de résolution visant à créer une commission d’enquête parlementaire. Son objectif : faire la lumière sur les dysfonctionnements et l’usage de l’argent public au sein de l’organisme chargé de la mobilité des Réunionnais.

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« Un scandale »

La députée a ainsi déposé le 2 mars à l’Assemblée nationale une proposition de résolution visant à créer une commission d’enquête sur les manquements et dysfonctionnements du CNARM. La publication de ce texte au Journal officiel le 3 mars confère une portée officielle à cette initiative, présentée comme une démarche de clarification sur les responsabilités institutionnelles et l’utilisation des fonds publics.

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L’élue rappelle que le CNARM intervient dans un domaine particulièrement sensible : la mobilité professionnelle des Réunionnais, souvent jeunes et issus de milieux modestes, qui quittent l’île pour trouver un emploi ou suivre une formation en métropole. Dans ce contexte, elle estime que les exigences de transparence et de rigueur doivent être totales.

Cette prise de position intervient alors que le rapport d'observations de la CRC a mis en lumière des irrégularités présumées dans la gestion de l’organisme : salaires jugés très élevés pour certains dirigeants, soupçons de conflits d’intérêts, dépenses contestées ou encore interrogations sur certains marchés et subventions. La Chambre régionale des comptes y évoque notamment des faiblesses de gouvernance, des pratiques de gestion insuffisamment encadrées et un manque de transparence dans certaines procédures de recrutement. « La question de la probité est ici centrale. Les éléments mentionnés par la Chambre régionale des comptes font état d’une structure de dépenses et de rémunérations qui soulève de lourdes interrogations, notamment sur les dépenses de personnel, la politique indemnitaire, les créations de postes, l’absence de procédure transparente pour certains recrutements et le défaut de publicité de certaines rémunérations des plus hauts cadres dirigeants », écrit-elle.

Pour Karine Lebon, ces dysfonctionnements ne peuvent être minimisés. La parlementaire estime qu’ils interrogent directement la finalité des financements publics alloués à la structure et sa capacité à remplir correctement sa mission. « Chaque euro engagé doit être justifié, suivi, contrôlé et évalué », souligne-t-elle dans son communiqué.

Les projecteurs braqués sur le Département

Dans « ce scandale », l’élue pointe également la responsabilité des institutions publiques. Ces institutions qui financent l’association, en particulier le Département de La Réunion. Selon elle, une collectivité qui soutient financièrement un organisme chargé de mettre en œuvre une politique d’intérêt général doit fixer des objectifs clairs, contrôler l’utilisation des fonds et veiller au respect des obligations de transparence.

Enfin, la députée inscrit cette démarche dans le travail plus large de mémoire et de vigilance qu'elle mène sur les politiques de mobilité entre La Réunion et la métropole. Elle rappelle que « cette démarche s’inscrit pleinement dans le travail pour les enfants dits de la Creuse, mené par Karine Lebon. En parallèle de la transplantation de plus de 2000 enfants, le gouvernement français de l’époque met en place le BUMIDOM afin de “contribuer à la solution des problèmes démographiques intéressant les départements d’outre-mer. ” La fondation du CNARM par Michel Debré en 1965 résulte clairement de sa filiation avec ce dispositif. »

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La création d’une commission d’enquête parlementaire permettrait ainsi, selon elle, d’établir les responsabilités et de proposer des mesures pour garantir une gestion plus transparente et plus efficace des dispositifs destinés aux Réunionnais en mobilité.

Etiquettes : CNARM | CRC | Karine Lebon

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