Défiscalisation, surrémunération, octroi de mer,...: Marine Le Pen détaille son programme outre-mer

Allègement des charges et défiscalisation
Sur le plan économique, le fait d’être une île rend votre économie en partie contrainte. Ce sont des obstacles mais aussi des capacités de projection qui ne s’envisagent que par un état stratège, qui a une vision. Ce Ministère doit porter une politique de soutien, par l’intermédiaire de la remise en oeuvre de toute une série de dispositifs qui vont se décliner sous forme de possibilités d’allègement de charges, de capacité à défiscaliser pour donner un coup de booster à l’économie.
Il faut donner aux entreprises la capacité à se développer et embaucher, pour ne pas subir de plein fouet la concurrence déloyale qui est effectuée par des pays voisins à très bas coût de production.
La légalisation de la concurrence déloyale détruit des pans entiers de notre économie. L’Union Européenne est un obstacle, notamment en matière d’agriculture. Je prends pour exemple les quotas sur la canne à sucre.
Avoir un domaine maritime est une chance de développement. Il faut le protéger. L’Etat ne protège pas aujourd’hui ce domaine. La mer, ce sont des capacités de développement infinies: les nano technologies, des algues pour la nourriture, le secteur de la désalinisation, les énergies dans les sous-sols marins, des courants.
Il faut faciliter les investissements et attirer les investissements extérieurs. Au-delà des dispositifs, il faut la création de zones ultramarines d’investissement prioritaires. Nous allons devoir aller chercher les entreprises de métropole pour leur expliquer les potentialités et pouvoir aider les entreprises sur place à se projeter. Il faut particulièrement relancer les efforts sur les secteurs du BTP et du tourisme.
Nous avions envisagé un développement par zones, avec une région qui engloberait les îles Eparses, les Terres australes, pour permettre un développement régional économique dont la Réunion serait le centre.
Au-delà, il y a également des difficultés de formation. Il faudra mettre en place un système de formation à ces métiers de la mer pour permettre aux jeunes de participer au sursaut économique de l’île. On ne peut pas supprimer cependant les aides à l’embauche. Il faudra effectuer la bascule et favoriser les contrats d’apprentissages face aux contrats aidés.
Immigration : "La Réunion en subira de fait les conséquences"
La problématique de l’école est également importante. Il faut appliquer la priorité nationale au système scolaire. L’école est aujourd’hui obligée de prendre en charge une immigration importante. L’immigration, en période de chômage, est une charge que nous ne pouvons plus supporter. Les ultra marins doivent bénéficier de la priorité absolue. Le système scolaire doit être mis à égalité avec la métropole.
On ne peut pas le laisser se dégrader par la gestion chaotique d’une immigration qui rend la situation de terrain ingérable. La Réunion n’en est pas au point de Mayotte, qui est la situation la plus épouvantable de chaos, conséquence d’une immigration clandestine dérégulée et d’un territoire laissé totalement à l’abandon par l’Etat. La Réunion en subira de fait les conséquences, avec une détérioration des territoires en cascade.
L’apaisement doit passer par l’autorité. Si l’Etat ne joue plus son rôle, avec la fermeté que l’on attend de lui , et ne met pas en place les conditions de la protection de nos compatriotes, alors c’est le chaos. Il n’y a pas d’économie saine dans une situation sociale qui n’est pas gérée par l’Etat. Je ne mets pas en concurrence les entreprises et l’Etat. Ils doivent œuvrer ensemble au développement des territoires.
Vie chère et octroi de mer
Nous avons évoqué la question du surcoût de la vie à la Réunion, +35%. Ce n’est pas une fatalité. L’octroi de mer a été dévoyé de son sens initial. Ceux qui bénéficient de la recette ne devraient pas déterminer le niveau et l’étendue de l’impôt. L’octroi de mer frappe de manière indistincte l’ensemble des produits et est donc totalement sorti de son objectif premier: préserver l’économie locale de la concurrence déloyale.
Il devra continuer à être perçu sur des produits étrangers en concurrence directe avec des productions nationales, mais plus sur des productions françaises. Il faut engager une réflexion avec les collectivités et les représentants des consommateurs.
Cela pose la question de l’égalité et les dotations globales de fonctionnement accordées par l’Etat. Pourquoi n’envisagerait-on pas un système égal et où les communes d’outre-mer soient financées par les dotations globales de fonctionnement? Le contribuable-consommateur de la Réunion a la double peine: il paye des impôts qui devraient alimenter la dotation globale de fonctionnement mais parallèlement il voit sa vie renchérie de 35% en partie à cause d’une taxation supplémentaire. Il faut un comité de pilotage local pour réguler cette situation.
La question des fonctionnaires et de la surrémunération
La surrémunération a une conséquence sur l’inflation du coût de la vie. On n'en peut pas la supprimer du jour au lendemain. L’objectif est d’obtenir une part de plus en plus significative de fonctionnaires issus du territoire. Il faut faire un effort pour permettre à la jeunesse réunionnaise de rentrer dans la fonction publique de manière facilitée et permettre d’éteindre au fil du temps, sur le long terme, cette problématique de surrémunération."



