Décès de Pascal Aboukir en prison : Mort naturelle ou maltraitances ?

Tout juste condamné à 14 ans de réclusion criminelle, Pascal Aboukir, qui était incarcéré à la prison de Domenjod dans une cellule adaptée à son état de santé, est décédé le vendredi 19 janvier dernier. D'après les premiers éléments recueillis juste après la nouvelle, le service médical s’était rendu dans sa cellule vers 9 heures matin là. Il y vivait seul afin que l’espace puisse être aménagé en fonction de ses besoins médicaux. « Tout allait bien à ce moment-là », nous avait confié une source pénitentiaire.
Au passage d’un surveillant de la prison vers 11 heures, le quadragénaire bénédictin avait été retrouvé inanimé sur son lit, toujours selon les informations délivrées par Domenjod. Malgré les premiers soins et l’intervention du Samu, Pascal Aboukir n’avait pas pu être réanimé. Son décès avait été constaté sur place vers midi. Le parquet et l’Institut médico-légal s'étaient rendus sur place et une autopsie avait été ordonnée afin de déterminer les causes exactes du décès.
L’intéressé qui venait d'interjeter appel du verdict de la cour d'assises souffrait de diverses pathologies et faisait l’objet d’un traitement médical adapté en cellule. Lors de ses demandes de remise en liberté devant les magistrats de la chambre de l’instruction, Pascal Aboukir et ses conseils avaient à de nombreuses reprises fait valoir l’état de santé de leur client sans succès.
Alors que les résultats de l'autopsie devraient enfin être connus après six mois d'attente, d'autres analyses plus approfondies devraient dévoiler les circonstances exactes de la mort et éventuellement ce qui aurait pu la provoquer. La compagne du Bénédictin part en effet du principe que la mort n'était peut-être pas naturelle et invoque des maltraitances médicales qu'aurait subies son conjoint au cours de sa détention. Celui-ci avait en effet des besoins particuliers, comme de ne boire que de l'eau minérale, qui n'auraient pas été satisfaits tout comme un suivi médical particulier, difficile à mettre en place de façon rigoureuse en prison.
L'enjeu pour la compagne de Pascal Aboukir représentée par son avocat, Me Fabian Gorce, est de savoir s'il y a eu des manquements dans la prise en charge du détenu et si ceux-ci ont pu avoir des conséquences mortelles voire provoquer le décès. Une procédure judiciaire pourrait selon toute logique être intentée devant la juridiction administrative.


