De Saint-André à Brest : l’"erreur" administrative réunionnaise relayée... jusqu'en Bretagne

Partie d’un dossier de demande de subventions après le cyclone Garance, la photographie a traversé l’océan Indien puis un cours bras de l’Atlantique pour atterrir dans les colonnes de la presse bretonne. Utilisée par "erreur" par la mairie de Saint-André pour illustrer de supposés dégâts locaux, avant d'être "rapidement rectifiée", l’image représentait en réalité le stade Francis-Le Blé de Brest, amoché par la tempête Ciaran en novembre 2023. Largement reprise par Ouest-France et Le Télégramme, l'affaire administrative réunionnaise s'est transformée en récit médiatique transrégional, teinté de stupeur et d'ironie.
Il est certain que l’actualité voyage plus vite que les cyclones. Partie de Saint-André, à l’est de La Réunion, une photographie censée illustrer les dégâts du cyclone Garance a fini par faire la une… en Bretagne. En quelques heures, l’erreur administrative locale s’est muée en curiosité médiatique régionale, puis nationale, lorsqu’on a découvert que l’image en question ne montrait pas un stade réunionnais, mais le stade Francis-Le Blé, antre bien connue du Stade Brestois 29.
L’affaire aurait pu rester cantonnée aux débats municipaux de l’océan Indien. Elle a pourtant franchi les 10.000 kilomètres qui séparent les deux territoires pour s’installer dans les colonnes de Ouest-France et du Télégramme, amusés et interloqués de voir un équipement sportif brestois invoqué pour justifier des subventions post-cycloniques à La Réunion.
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"Comment le stade Francis-Le Blé de Brest s’est retrouvé au cœur d’un scandale sur l’île de La Réunion ?", s’interroge ainsi Le Télégramme, qui retrace la genèse de cette confusion improbable. Le quotidien finistérien souligne le caractère presque absurde de la situation : un stade régulièrement photographié par les supporters, les journalistes sportifs et les services municipaux brestois, soudain recyclé comme illustration de dégâts climatiques tropicaux.
Une affaire qui amuse autant qu'elle intrigue
Même étonnement du côté de Ouest-France, qui évoque une "photo des dégâts du stade de Brest" utilisée par la ville de Saint-André pour appuyer une demande d’aide de l’État. Le journal local rappelle que le cliché, qui reste par ailleurs largement reconnaissable pour quiconque fréquente le football breton, n’a pourtant échappé à aucun contrôle avant d’être "transmis aux services préfectoraux".
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Dans les rédactions bretonnes, l’affaire amuse autant qu’elle intrigue. Cette dernière révèle, en creux, la puissance virale des images et la facilité avec laquelle une "erreur" locale peut devenir un récit médiatique transrégional. "Le stade brestois, familier des coups de vent de l’Atlantique, se retrouve associé à un cyclone de l’océan Indien", note Le Télégramme, non sans ironie.
Mais derrière l’anecdote, les journaux bretons rappellent aussi un enjeu beaucoup plus sérieux, à savoir la demande de subventions post-Garance, partiellement gelée par l’État après la découverte de cette anomalie. Ouest-France confirme ce que la presse réunionnaise avait annoncé, à savoir que sur plus de 80 millions d’euros sollicités par la commune réunionnaise, seuls quelques millions ont été validés à ce stade, le temps d’y voir plus clair.
"Erreur matérielle"
La mairie de Saint-André, citée également par les médias de l’Hexagone, assure qu’il s’agit d’une "erreur matérielle", sans intention frauduleuse, et invoque les conditions d’urgence dans lesquelles les dossiers ont été constitués. Une version relayée avec prudence par la presse bretonne, qui rappelle elle aussi que l’opposition municipale réunionnaise parle, elle, de dysfonctionnements graves.
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Au final, le stade Francis-Le Blé n’a subi ni cyclone ni dégâts tropicaux, mais a bien essuyé la forte tempête Ciaran de 2023. Son image, elle, aura essuyé une tempête médiatique inattendue, rappelant qu’à l’ère du numérique, aucune photo n’est jamais vraiment locale.


