Subventions post-Garance : "Aucune dissimulation, aucune volonté de tromper", assure la mairie de Saint-André

Onze mois après le passage dévastateur du cyclone Garance, la commune de Saint-André se retrouve au cœur d’une polémique politique autour de la gestion des subventions post-catastrophe. Accusée par l’opposition municipale d’irrégularités dans certains dossiers transmis à l’État, notamment l'utilisation d'une fausse photographie, la mairie dénonce une "instrumentalisation politique" d’un drame encore vif et défend la mobilisation de ses services pour reconstruire un territoire durement éprouvé.
Onze mois après le passage de Garance, alors que la reconstruction est toujours en cours, la tempête semble avoir changé de nature. Elle est désormais politique. Au cœur de la polémique : la gestion des dossiers de subventions post-cyclone et les accusations formulées par l’opposition municipale, qui évoque des "anomalies manifestes" dans certains documents transmis à l’État.
Dans une vidéo diffusée dimanche sur les réseaux sociaux, l’élu d’opposition Jean-Marie Virapoullé dévoile le courrier du préfet et dénonce ce qu’il qualifie de “pratiques frauduleuses” de la part de la municipalité. “Un scandale de plus”, assène-t-il au début de la vidéo. L’opposant et candidat aux municipales annonce son intention de saisir la justice “afin que les responsabilités soient établies”.
"Instrumentalisation politicienne"
La controverse s’est cristallisée autour d’une erreur matérielle liée à une photographie (intégrée à un dossier) d’un stade situé en Bretagne (à Brest) pour justifier des dégâts déclarés au stade Soune-Seyne. Une lecture que la municipalité conteste fermement, dénonçant une "instrumentalisation politicienne" d’un drame collectif.
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La Ville reconnaît donc le dysfonctionnement, mais insiste sur son "caractère involontaire et sur sa correction immédiate dès son identification, au mois de décembre". Avant d'ajouter : "Dans un contexte d’urgence extrême, plusieurs centaines de documents ont été transmis dans des délais très contraint." Aucune "dissimulation" ni "volonté de tromper" l’administration de l’État ne sont, selon elle, "fondées".
Dès les premiers jours suivant le passage du cyclone, la commune affirme "s’être mobilisée en lien étroit avec les services de l’État". Trente dossiers de réhabilitation d’équipements publics ont été constitués dans des délais contraints. Avec un double objectif : réparer les dégâts immédiats et renforcer la résilience des infrastructures face aux aléas climatiques futurs. Un chantier colossal, "chiffré à plus de 80 millions d’euros de subventions nécessaires à terme".
Fragilités prééxistantes
Selon la mairie, cette mobilisation faisait écho au contexte structurel ancien, marqué par plusieurs décennies de "sous-investissement sur le territoire". La catastrophe naturelle n’aurait fait que révéler des fragilités préexistantes, rendant inévitable une réponse massive et rapide.
Dans cette lettre datée du 18 décembre 2025, le préfet indique que les services de l’État ont instruit 30 opérations déposées par la commune de Saint-André, réparties entre les volets “bâtiments” et “infrastructures”. Sur un montant total de demandes supérieur à 81 millions d’euros, environ 4,2 millions d’euros de subventions ont été retenus à ce stade pour l’exercice 2025, correspondant à des urgences avérées et à des réparations dont le lien direct avec le cyclone Garance a été établi.
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En revanche, une part importante des demandes, estimée à près de 47 millions d’euros, a été suspendue. Le préfet précise que ces dossiers concernent notamment des voiries structurantes et des opérations sur des bâtiments, et qu’ils feront l’objet d’une instruction approfondie en 2026, après visites sur site, les services de l’État estimant qu’ils s’apparentent davantage à des opérations de réhabilitation globale ou d’entretien courant qu’à des réparations post-cycloniques.
Ligne rouge
Autre point de crispation : les attaques visant les agents communaux. La mairie condamne avec fermeté toute mise en cause du travail des services, rappelant leur engagement total pendant la crise. "Mobilisés sans relâche, ces agents ont assuré à la fois la remise en service rapide des écoles et équipements publics, et le montage technique et administratif de dossiers complexes, en coordination permanente avec l’État". Pour l’exécutif local, jeter le soupçon sur leur intégrité constitue une ligne rouge.
Sur le fond, la municipalité rappelle que les règles de financement public sont claires : les subventions de l’État ne sont versées qu’après la réalisation effective et la justification des travaux. Un principe connu de tous les élus locaux, et que la commune affirme respecter scrupuleusement. "Feindre de l’ignorer relève soit de l’incompétence, soit d’une manipulation volontaire", fait-on savoir.


