De la production de lait aux fromages: "La filière laitière se porte bien"

Avec 18,7 millions de litres de lait produits en 2015 et 350 tonnes de fromages fabriqués par an, la filière lait se porte bien. C’est en tout cas ce que voulaient prouver la Sicalait et la Cilam en organisant ce mercredi matin à la veille du lancement de Miel Vert, une matinée découverte de la filière, en partant de la production de lait à celle des fromages.
L’opération a commencé par la visite d’une exploitation laitière dans les hauts de l’Etang-Salé. Alexandre Grondin, 34 ans, s’est lancé depuis deux ans après s’être essayé au maraîchage et à la canne. "J’ai fait ce choix par amour, j’ai toujours voulu faire du lait " . Après près de 10 ans d’attente, il exauce son souhait "grâce à l’aide de la Sicalait qui m’a conseillé d’investir progressivement, même si personnellement j’ai pris un peu plus de temps que prévu", précise-t-il.
Aujourd’hui, le jeune agriculteur, dans le cadre du programme DEFI "installations programmées" qui permet de bénéficier d’aides financières et techniques à condition de respecter un cahier des charges précis, possède 28 vaches laitières et 20 génisses pour une production de lait d’environ 220 000 litres en 2016 soit en augmentation de plus de 50 % par rapport à l’année précédente. De bons chiffres appuyés par le directeur général de la Sicalait, Eric Varet. "L’enjeu étant dans l’avenir de notamment consolider et développer ce type d’exploitation de taille familial".
"La leucose bovine n'est pas un problème"
Le marché semble ouvert mais la question de la leucose bovine se pose tout de même. 70 à 80 % du cheptel réunionnais serait atteint par cette maladie virale dont l’un des symptômes est pourtant la baisse de production et qui a causé la perte de nombreux éleveurs laitiers. Mais pour cet éleveur et les représentants de la Sicalait , "il n’y a aucune conséquence pour la santé humaine". "Vous voyez ici, les vaches ne sont pas malades" et "les mesures prises en métropole* ont été mises en place simplement pour une question de protection intra communautaire", avance Martha Mussard, présidente de la coopérative. "Il n’y a aucune conséquence économique sur nos exploitations, d’ailleurs les éleveurs ne connaissent pas leur taux de leucose parce que cela ne les intéressent pas".
Un problème qui n’en est donc pas un pour la Sicalait qui n’importe plus de génisse depuis 2004. "Si des éleveurs rencontrent des difficultés, elles sont davantage liées à des problèmes de trésorerie", répond-elle. La coopérative met également en avant les contrôles opérés par l‘Association Réunionnaise Interprofessionelle d’analyse du lait (ARIAL) à chaque livraison.
"Le procédé peut interpeller car il est mal compris"
Une traçabilité du lait qui nous conduit jusqu’aux Fromageries de Bourbon, la société fondée par la Cilam et la Sicalait en 1997. 3,2 millions de litres de lait arrivent par an en grande majorité d’ exploitation de la Plaine des Cafres. Dans les deux cuves de 2500 litres chacune, sous la houlette de 3 fromagers, une partie de ce lait sert à la fabrication de 25 types de fromages. Les biens connus Piton Maïdo, Ti’Frais, ou Délice de la Sicalait mais aussi quelques nouveautés comme le Ti’tamarin. Un marché dynamique à La Réunion qui représente 10% de l’offre.
L’autre partie sert à la fabrication de lait essentiellement demi-écrémé auquel est ajouté de la poudre de lait écrémé provenant de l’Hexagone "en raison du déficit de lactose" du lait produit localement, explique Nathalie De Jesus, directrice marketing et recherche à la Cilam. "Le procédé peut interpeller car il est mal compris mais ce n’est ni plus ni moins que se que fait une maman quand elle prépare le biberon de son enfant". "Le lait local est d’une composition nutritionnelle et qualitative équivalent voire bien meilleure que celui qui a voyagé en container", termine-t-elle.
------
*L'arrêté ministériel du 31 décembre 1990 prévoit que la prophylaxie de la leucose bovine enzootique est "obligatoire sur l'ensemble du territoire national à l'égard de tous les cheptels bovins et s'applique dans tous les lieux de séjour, de rassemblement ou d'accès fréquentés par les animaux de l'espèce bovine". L' article 15, ordonne qu'il soit procédé à "l'abattage" dans un "délai maximum d'un mois" des animaux déclarés porteurs de la maladie.


