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De la dignité

Ecrit par zinfos974 – le lundi 6 février 2017 à 09H39
Tant en français qu’en créole les mots ont un sens et ne peuvent être employés qu’à bon escient. Ce n’est parce que « l’élite » nous impose son vocabulaire que nous devons nous abêtir pour suivre le courant. C’est ce que j’ai dénoncé récemment avec le pluriel de l’outre-mer.

Lé pareil ec le créole. De tout temps au lieu de dire ène personne nu dit un moun. Si lu lé tit nu dit un ti moun, si lu lé âgé un grand moun et nos proches c’est not moun. 

Mais ce langage n’a jamais été utilisé à tort et à travers. Or il l’est actuellement notamment par des convertis qui comme en religion, sont les plus dangereux. J’en connais qui n’ont jamais dit un mot de créole enfant, mais qui traduisent des livres en créole parce qu’ils sont maintenant professeur de lettres. Alors, bonjour les dégâts. On en trouve beaucoup dans les médias et notamment à Antenne où ils excellent tant en français qu’en créole.

Le mot gramoune m’a toujours révolté car il fait plus penser à gras, graton ou gradouble et encore plus lorsqu’il est mis au féminin alors qu’il ne l’a jamais été. On a toujours dit un grand moun, femme ou homme. Au fait, comment traduire au féminin un tit moun ?

Jusqu’à ce jour je l’ai bouclée. Mais ma fureur a éclaté quand j’ai entendu Forestier à la télé et lu sur mon écran gramoune au sujet de ma voisine qui a connu une mort violente.

Cette dame qui a retrouvé sa maison familiale où elle a été absente pendant des décennies, dans un quartier où elle ne connaissait personne, mais dont les voisins qui la croisaient par hasard avaient une bonne image, était très discrète. Il m’est arrivé de l’entrevoir. Elle était coquette, mince et alerte, l’allure distinguée, pas du tout avachie comme le laisse supposer le mot utilisé. Non seulement on peut avoir quatre-vingts ans sans être un grand-moun mais en plus ce nom ne convient pas à la souffrance qu’elle a subie. Elle menait une vie discrète et n’a pas demandé à être à la une des journaux. S’il n’est pas possible de faire autrement, que les médias respectent au moins sa dignité. Ce n’était pas une gramoune, ce n’était qu’une personne âgée. Mieux, c’était une personne tout simplement. Elle avait un nom et un prénom.

Jr BOYER

 

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