Revenir à la rubrique : Océan Indien

Crise institutionnelle à Madagascar : la présidence dénonce une « prise de pouvoir militaire » et conteste la décision de la Haute Cour

Ecrit par N.P. – le mercredi 15 octobre 2025 à 17H19

Antananarivo rejette fermement la décision rendue par la Haute Cour constitutionnelle, jugée « illégale », « irrégulière » et « inconstitutionnelle », et accuse une faction militaire d’avoir imposé un changement de pouvoir en dehors de tout cadre légal.

La tension politique est montée d’un cran à Madagascar après la décision prononcée par la Haute Cour constitutionnelle le 14 octobre, que la présidence qualifie d’« illégale » et d’« inconstitutionnelle ». Dans un communiqué publié le 15 octobre, le palais d’Iavoloha dénonce un « acte de nature à porter atteinte aux fondements de la République, à la stabilité de l’ordre constitutionnel et à l’État de droit ». Selon la présidence, la saisine à l’origine de cette décision est entachée d’une « irrégularité manifeste », car elle émane du vice-président de l’Assemblée nationale, une autorité « ni habilitée ni qualifiée » pour saisir la Haute Cour. La procédure aurait donc dû être déclarée irrecevable.

Lire aussi : Crise à Madagascar : la Haute cour constitutionnelle valide la destitution du Président

La présidence affirme par ailleurs que les membres de la Cour ont été convoqués dans le cadre d’une simple « réunion administrative » dont l’objet n’avait pas été communiqué, avant que celle-ci ne soit transformée en « chambre d’audience » sans respecter les règles de procédure. Elle dénonce également l’absence de conditions pour un débat serein : plusieurs juges auraient été menacés, contraints d’évacuer les lieux « par crainte pour leur intégrité physique », et n’auraient pas disposé du temps nécessaire pour étudier les requêtes.

Le communiqué évoque également des pressions extérieures. Alors que le débat devait reprendre l’après-midi, les juges ont été sommés de quitter les lieux face à « l’arrivée imminente de factions militaires » aux abords de la Haute Cour. Pour la présidence, cette situation soulève des soupçons « d’actes de corruption » et menace l’ordre constitutionnel.

Andry Rajoelina, que le texte désigne toujours comme « président en exercice », continue, selon la présidence, d’assumer ses fonctions « en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés ». Celle-ci condamne fermement la décision de la Cour ainsi que la « prise de pouvoir par la force », accusant ses auteurs de piétiner les principes démocratiques et de compromettre les efforts engagés contre la corruption et la pauvreté. « Cette tentative de prise de pouvoir incarne l’exact contraire des valeurs que défend la République », martèle le communiqué, adressant un message solennel à la jeunesse malgache.

Etiquettes : Crise à Madagascar

Dans la même rubrique

0💬
Tri :