Crise en mer Rouge : CMA CGM annonce une hausse de certains tarifs

Malgré sa large communication sur les drones houthis abattus, la coalition internationale, regroupée derrière les Etats-Unis au sein de l'opération de sécurité maritime Prosperity Guardian, n'est pas parvenue à rassurer les acteurs du trafic commercial en mer Rouge. Mardi, l'armateur danois Maersk a ainsi fait machine arrière et stoppé net ses navires censés transiter par le canal de Suez, après avoir été de nouveau victime d'une attaque attribuée aux rebelles venus du Yémen, qui luttent en soutien des populations bombardées à Gaza.
« Suite à l'incident du 30 janvier impliquant notre navire Maersk Hangzhou, nous avons décidé de mettre en pause tout transit à travers la mer Rouge et le golfe d'Aden jusqu'à nouvel ordre », a fait savoir Maersk, qui a été suivi dans cette décision par la compagnie allemande Hapag Lloyd, selon le site Boursorama.
Les navires de ces deux compagnies feront donc le grand tour de l'Afrique par le Cap de Bonne-Espérance pour livrer leurs marchandises, avec une conséquence sur les coûts d'acheminement.
Pas de retrait envisagé de sa flotte de la mer Rouge en revanche pour CMA CGM, qui avait même communiqué il y a peu sur son intention de tendre vers un retour à l'activité normale. Mais ce gain de temps sur la livraison ne se fera pas sans une contrepartie financière de ses clients : le géant mondial français a publié le 2 janvier sur son site internet plusieurs hausses de tarifs applicables dès le 15 janvier.
Le prix d'expédition à partir de l'Asie vers la Méditerranée pour un conteneur de 40 pieds sera ainsi multiplié par deux et la question d'un effet d'inflation, par ricochet, sur le coût de la vie à La Réunion, un postulat à l'origine de la création récente d'une cellule de crise par la préfecture, ressurgit peut-être plus vite que ne l'envisageaient les services de l'Etat.
La hausse du coût d'affrètement des équipages, lesquels réclameraient d'importantes primes de risque (qui semblent justifiées au vu de la situation) pour traverser la mer Rouge, et surtout les nouvelles exigences des assurances envers les compagnies, pourraient expliquer en partie cette hausse des tarifs.
« Toute crise a un dommage collatéral, on l'a appris par le passé », commente une source proche du dossier, qui ajoute : « Le premier bateau dérouté par le cap de Bonne-Espérance est arrivé seulement aujourd'hui : il est trop tôt pour se lancer dans les extrapolations. »
Comme le montrent les relevés GPS des navires publiés par Marine Traffic, le N.1 mondial de la géolocalisation, une très grosse partie des bateaux naviguant entre l'Asie et l'Europe suit désormais une route maritime flirtant avec les côtes de La Réunion et de Maurice. Si la situation perdure, elle pourrait avoir des conséquences positives inattendues pour l'activité économique portuaire, comme celle du hub de transbordement de la Pointe-des-Galets géré par... CMA CGM.
« Il faut juste garder en tête qu'on est bien placé et que cela pourrait créer des opportunités. Maintenant, tout dépend des stratégies des compagnies maritimes », avance cette source bien informée.
MarineTraffic Playback Tool reveals surge in containerships diverting from Red Sea.
Major shipping players MSC, Maersk, Hapag-Lloyd, and CMA CGM have already suspended container shipments through the area.
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— MarineTraffic (@MarineTraffic) December 26, 2023


