Coups de couteau à St-Benoît : Après un an de cavale, deux ans de cabane

La victime, qui est imbibée d'alcool, tente de s'enfuir mais trop tard. Le prévenu lui porte deux autres coups de couteau plus appuyés dans le bas du dos et le flanc gauche puis s'enfuit. Compte tenu de ses blessures, la victime sera médicalisée puis transportée à l'hôpital.
à la barre ce vendredi, l'homme reconnait avoir porté le premier coup et avoir énormément bu ce jour-là . Ce que confirme le prévenu : "Un individu est arrivé avec un couteau et un morceau de bois. Je l'ai désarmé. Quand on m'attaque, je me défends". Il prend exactement la même posture pour expliquer les nombreuses mentions de son casier : "c'est quand je me défends".
Sur 12 mentions, 9 ont été prononcées pour des faits de violences. Sur les 20 dernières années, il a passé près de 15 ans en détention. Ce qui explique sans doute pourquoi il se cache depuis 1 an, allant jusqu'à changer d'identité pour ne pas être interpellé. Ce qui arrive finalement au mois de septembre 2022, par un renseignement anonyme.
"Le prévenu ne le frappe pas une fois mais quatre"
"àtre descendu armé d'un bâton était une bêtise, il le reconnait. Pour autant, le prévenu ne le frappe pas une fois mais quatre fois et il continue de le piquer alors qu'il est de dos pour s'enfuir," explique la partie civile. "Quatre coups sont assénés, deux de face et deux de dos", enchaine le parquet. "La victime ne tente pas de minimiser ses actes et n'est pas dans l'exagération. La légitime défense ne tient pas. Il était en cavale et a nécessité une perquisition pour l'interpeller 1 an après les faits. Les coups de couteau ne sont pas justifiés. De face peut-être, mais pas de dos", exprime le représentant de la société, requérant une peine de 40 mois de prison avec maintien en détention.
"Le comportement de la victime est totalement absous de ce dossier. Il cherche à frapper mon client à la tête avec un bâton", répond vigoureusement la défense. "On peut dire qu'il s'est 'légitiment' senti agressé. Qui peut dire aujourd'hui comment il réagirait s'il était agressé. On devrait juger aujourd'hui des violences réciproques. Sa réaction entraine celle de mon client", plaide la robe noire.
Le tribunal décide de tenir compte des conclusions de la défense et condamne le prévenu à 2 ans de prison dont 6 mois de sursis probatoire. Il est maintenu en détention.


