Coup tactique ou assainissement démocratique

Monique et Catherine, respectivement du groupe PS et du groupe Alliance au Conseil régional, se sont plaintes devant l'opinion publique du manque de respect des élus de la minorité de la part du Président Didier Robert. Pour se prononcer complètement, il faudrait avoir connaissance des tenants et aboutissants de cette affaire, et particulièrement de ce qui s'est exactement déroulé lors d'une réunion de la Commission permanente.
Catherine a mis sur la table le fonctionnement non démocratique à ses yeux de cette institution : non-réponse aux questions sur le fond, interventions déformées, manque de transparence, etc. Mais s'est-elle demandé si aux cours du précédent mandat, elle n'a pas manqué de vigilance quant au contenu d'un "respect minimal" dû aux élus de l'opposition d'alors qui représentaient aussi des électeurs ? Ces derniers ne se plaignaient-ils pas du verrouillage du PCR dans la gestion des gros dossiers ? Et pour aller plus loin, ne dit-on pas qu'un citoyen, certes remuant, était carrément persona non grata dans l'espace public de l'Hôtel de la Région ? Si tel était le cas, ce serait encore plus grave.
Que Monique et Catherine sachent que l'assainissement démocratique dans l'ensemble des collectivités locales est un véritable chantier ; que la démocratie n'est pas un but, mais tout un parcours au cours duquel il faut constamment intervenir pour corriger les dérives ! À commencer dans leurs propres camps : à Monique de créer les conditions pour une meilleure prise en compte de l'opposition au conseil municipal de Saint-Denis, d'intervenir auprès de Gilbert pour qu'il ait des argumentations moins électoralistes et plus complètes dans ses réponses à la minorité du conseil municipal, et pour qu'il mette en place plus de transparence dans la gestion du PS local ; à Catherine de prendre Roland par le bras pour lui faire comprendre que l'opposition à la Possession doit être respectée, et qu'il doit faire cesser les pressions de ses militants sur les élus de la minorité en pleine séance du conseil, de faire descendre Huguette de ses tréteaux électoraux en salle du conseil municipal à Saint-Paul, etc.
En vérité, ce travail doit être mené dans tous les camps. Et cela peut passer par une charte à faire valider par l'association des maires de la Réunion... dont le président justement pourra un peu plus tard les décorer pour l'acharnement dont elles ont su faire preuve pour créer les conditions du rassemblement des Réunionnais tant prôné par Paul. À elles de démontrer que la politique dans cette île n'est pas qu'une suite de coups tactiques qui écrasent toutes les valeurs.
Mike Martin, Saint-Gilles


