Coup de fusil au visage : Rhuben Solon condamné à 20 ans de réclusion

Rhuben Solon, 30 ans, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre et tentative de meurtre.
Le 26 décembre 2015 à la Saline-les-Hauts, il tire en effet à plusieurs reprises en direction de trois hommes, tuant l’un d’entre eux. Mais la question qui s’est posée ce jeudi : Était-ce prémédité ?
C’est ce soupçon qui a justifié ce procès dans lequel il est jugé pour assassinat. Pour la défense, il s’agit de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. La préméditation n'a finalement pas été retenue.
Si lui dit avoir eu peur et avoir été impulsif, les proches n’y croient pas. Pourquoi prendre le temps de monter chez lui, prendre un fusil, puis redescendre pour tirer dans la voiture où se trouvaient les trois hommes ?
Pour rappel, cet après-midi là, Rhuben Solon, sa compagne et son ami Alexandre décident de boire un verre à Trois-Bassins. Ils croisent deux connaissances d’Alexandre, Idriss et Ismaïd Djae. Une bagarre éclate entre Alexandre et d’autres individus. Rhuben Solon n’aurait pas porté assistance à son ami. Selon ce dernier, il aurait ensuite été victime de moqueries. L’un des frères aurait également tenté de séduire sa compagne. Elle rentre d’ailleurs plus tôt ; les quatre hommes rentrent quant à eux plus tard, dans le véhicule d’Alexandre afin de déposer Rhuben Solon chez lui à la Saline-les-Hauts.
Provoqué et à bout, selon ses dires, il entre chez lui, se munit d’un fusil et ressort. Il dit aussi avoir eu peur car un fusil se trouvait également dans la voiture de son ami. Il est 21h30, il fait nuit, et rien n’éclaire la cour. À moins de 10 mètres, selon le médecin légiste, Rhuben Solon tire à deux reprises. Idriss est touché au visage. Il décèdera sur place. Les deux autres sont légèrement blessés.
Selon la défense, il s’agit donc d’une réaction disproportionnée, certes, à une menace. Et un moyen de faire fuir ses agresseurs. Mais pour Me Mihidoiri Ali, avocat de la famille, il n’y a aucun doute : Idriss Djae a été "froidement assassiné". S’il savait que les hommes qui le menaçaient détenaient une arme, pourquoi avoir accepté de montrer en voiture avec eux? "Car il n’y a avait pas d’arme", répond Me Mihidoiri Ali.
Difficile de connaître toute la vérité dans ce contexte, tous ont un casier judiciaire. Et l’accusé, aussi bien que la victime, a un passif violent.


