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Coup d'arrêt momentané pour la filière de retraitement des batteries usagées

Des mesures d'urgence ont été prises par les autorités pour suspendre temporairement l'activité de la société Ecopur, seule usine réunionnaise en charge du recyclage des batteries usagées, en raison de plusieurs manquements à la sécurité et à l'environnement. Visiblement, l'usine a été victime de son succès... Une solution devrait être trouvée dans la semaine.
Ecrit par Julien Delarue – le lundi 12 août 2024 à 19H34

Entre les problèmes d'exportation des déchets dits dangereux, notamment les piles et les batteries, dus à l'absence de navires disponibles, les filières REP (Responsabilité Élargie du Producteur) n'avaient pas besoin de ce nouveau problème.

Inaugurée en 2023, l'usine de recyclage de batteries Ecopur, située à Saint-Pierre et ayant coûté la bagatelle de 7 millions d'euros, est chargée de « la transformation des batteries automobiles, des batteries de stockage photovoltaïque, ainsi que de toutes les batteries au plomb. » Il faut dire que la place était vacante depuis la fermeture d'une précédente entreprise située à La Possession pour cause de pollution.

 

 

Suspension du traitement des nouvelles batteries

 

 

Mais un grain de sable est venu gripper la machine. Fin juillet, les services de la DEAL ont procédé à un contrôle de l'usine Ecopur et ont relevé plusieurs irrégularités suffisamment graves pour ordonner la suspension du traitement de tout nouveau déchet entrant dans les 48 heures. « Nous avons été victimes de notre succès. Le gisement était trop important », reconnaît Philippe-Alexandre Rebboah, président du Syndicat de l'importation et du commerce de La Réunion (SICR), en charge de chapeauter les filières REP, notamment la question du recyclage des batteries usagées. Un succès visiblement trop grand.

Dans le rapport d'inspection, le principal grief porte sur ce point : le stock de batteries est bien trop important par rapport à celui autorisé par les services de la DEAL. Cela pose un problème, surtout lorsque l'on sait que l'usine continue de recevoir régulièrement des batteries usagées en vue de leur démantèlement. Au moment de son lancement, les responsables d'Ecopur estimaient à 2.700 tonnes par an la quantité de batteries à traiter, représentant près de 200.000 unités. « Il y a un périmètre à prendre en compte. Nous sommes en train de stocker et de sécuriser les batteries à traiter », poursuit-il. L'objectif pour le SICR est de faire appel, de nouveau, à un navire pour transporter les déchets dangereux, dont les batteries traitées, d'ici octobre ou novembre.

 

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Risque d'incendie et de pollution

 

 

La quantité de batteries trouvée sur place était telle que l'inspection a estimé que le site devrait finalement être classé Seveso. Un changement non sans conséquence, qui n'avait pourtant pas été évoqué lors de l'enquête publique réalisée en 2021. Bien que plusieurs risques – incendie et pollution – aient été soulevés, l'usine avait été enregistrée comme IED (directive relative aux émissions industrielles).

 

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Éviter que la collecte ne s'arrête

 

 

En raison du trop grand nombre de batteries, la DEAL a constaté que les conditions de stockage ne permettaient pas aux responsables de l'usine d'assurer une « maîtrise des risques », notamment en matière d'incendies, de pollution et de santé publique. C'est cette situation qui a poussé la préfecture à prendre cet arrêté de suspension, imposant toute une série de mesures à Ecopur pour corriger les manquements constatés : autorisations administratives à fournir, évacuation des déchets en excès vers d'autres sites, collecte et traitement des eaux de ruissellement en raison du risque de pollution, repositionnement des stocks pour éviter tout risque d'incendie...

« La situation devrait se débloquer rapidement. Ecopur est la seule usine qui permet de traiter les batteries avant leur exportation. Il faut rappeler que la collecte ne s'arrête pas ; une solution a été trouvée avec Suez. Il ne faut pas que le système se grippe et que l'on retrouve des batteries dans la nature. Nous avons trop travaillé sur ce problème et nous ne voulons pas un retour en arrière », assure Philippe-Alexandre Rebboah.

Un travail va être effectué en collaboration avec les autorités compétentes (Préfecture, DEAL et Région) sur le périmètre de l'usine. L'objectif est de trouver les "bons seuils" sans surcharger les unités de recyclage d'Ecopur. Une contre-visite doit avoir lieu aujourd'hui, et une réunion est prévue en préfecture cette semaine.

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