Correctionnelle : Trois quinquagénaires accusés d’avoir profité de prostituées mineures

La scène dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Saint-Denis ce vendredi était quelque peu caricaturale. Trois hommes, l’un jugé pour proxénétisme de mineures et les deux autres soupçonnés d’en avoir profité, étaient face à trois magistrats et la procureure, toutes des femmes. Une première pour ces quinquagénaires angoissés aux casiers judiciaires vierges.
Les faits remontent à 2013 à Saint-Benoît. Plusieurs adolescentes de 16 ans ont tendance à fuguer d’un foyer où elles ont été placées. Des vies remplies de détresse qui ne s’améliorent pas lorsqu’elles s’enfuient et croisent le chemin de JMS. Elles passent souvent plusieurs nuits chez lui. Il les dépanne de quelques euros, les emmène chez le coiffeur, leur procure des cigarettes et leur prête son téléphone. "Elles sont très malignes", a-t-il déclaré devant les juges. Le souci, c’est que malgré le fait qu’il se dise avoir été "sous pression", il couche aussi avec quatre d’entre elles. Prétextant ne pas connaître leur véritable âge (malgré le fait qu’il en ait ramené une au foyer pour mineurs) et avoir eu des rapports consentis, JMS n’a pas été contredit devant le tribunal car les deux filles qui s’étaient constituées partie civile n’étaient pas présentes et très difficiles à contacter, selon la juge. L’une d’elles aurait néanmoins avoué aux enquêteurs avoir été enfermée et menacée "d’avoir de mauvais clients", si elle ne couchait pas avec son hôte.
Des relations oui, mais pas de proxénétisme. C’est ce qu’assurent les deux autres hommes aux postes à responsabilité, mariés, avec des enfants. Ils auraient rencontré ces "amies" de JMS mais n’auraient pas suspecté leur minorité ni leurs intentions. "Elle vous avait pourtant dit qu’elle entrait en lycée professionnel, ça ne vous a pas alerté ?, demande la présidente d’audience. – Non, je supposais que si elle venait chez moi, elle était majeure". Et la rémunération ? Des sommes qui variaient et qui étaient payées après l’acte, sous d’autres prétextes.
Pour l’avocat d’un des "clients", Me Jean-Christophe Molière, "il n’y a infraction que s’il y a eu prostitution". Sans tarif ni paiement en amont, il n’y aurait donc aucune preuve d’argent contre relation sexuelle.
Une triste histoire pour ces filles qui ne se sont plus manifestées. JMS a été condamné à un an de prison avec sursis, le deuxième à 4 mois avec sursis et le troisième à une amende de 1000 euros.


