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Correctionnelle: Condamnée pour avoir causé la mort de sa meilleure amie

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 11 septembre 2019 à 08H12

Les jugements d’homicide involontaire sont les plus difficiles. Ce sont les avocats et les magistrats qui le disent. Il s’agit souvent d’un auteur sans histoires qui, par maladresse, cause la mort de la victime. La douleur des proches est indescriptible, mais le poids de la culpabilité du coupable l’est également. Et c’est la justice qui a la tâche difficile de déterminer la peine la plus appropriée.
 
Ce mardi, c’est un cas encore plus complexe. La conductrice du véhicule accidentée est l’amie – « comme une sœur » - de la passagère, décédée. Les faits remontent au 23 décembre dernier. Il est 3h50 du matin lorsque la Ford Fiesta, venant de Saint-Pierre en direction de Saint-Denis, fait de multiples tonneaux sur la 4 voies à Saint-Paul au niveau de la station Totale. Au volant, F.V, 32 ans est blessée mais consciente. Elle constate sa passagère, consciente mais qui peine à respirer. Elle parvient à extraire la troisième personne, à l’arrière, mais pas son amie. Ce sont les secours qui sortiront la victime, 30 ans et mère de trois enfants, mais elle décèdera sur place.
 
Elles avaient passé la journée ensemble puis avaient soldé le tout par une soirée avec un ami. "Je ne devais pas conduire mais il ne se sentait pas bien donc après deux verres j’ai arrêté, j’ai bu beaucoup d’eau et on a attendu", raconte-t-elle. En effet, le test d’alcoolémie a révélé un taux de 0,23 mg / litre d’air expiré, soit en-dessous de la limite légale (qui est de 0,25 mg).
 
C’est sur une ligne droite, mouillée, que l’accident s’est produit. Elle affirme ne se souvenir de rien. Idem pour le deuxième passager. Et il n’y a pas de témoins. Difficile, donc, de déterminer quelle a été sa maladresse. La vitesse ? Son téléphone ? La fatigue ? Un malaise ? Un obstacle ?
 
"J’aurais préféré que ce soit moi"
 
Mais une mère de famille a perdu la vie, "à cause du comportement de madame", rappelle la procureure, laissant derrière elle deux jeunes enfants et un bébé. La justice lui doit une condamnation… Elle requiert donc un an de prison avec sursis et le retrait de son permis pendant six mois.
 
"J’aurais préféré que ce soit moi", avoue-t-elle, en larmes. Et on la croit. Mais le plus touchant : la mère de la victime la prend dans ses bras pour la consoler. Une scène qui émeut même les magistrats. "Je ne voulais pas porter plainte mais c’était obligatoire. C’est comme ma fille. Je sais que ce n’est pas de sa faute. Je la détestais mais j’ai réfléchi et avec le temps, je me suis calmée", affirme celle qui élève maintenant ses propres enfants et ceux de sa fille.
 
Si la défense a insisté sur cette étonnante relation entre les deux femmes, elle a aussi rappelé que "malgré la douleur, il n’y a pas de témoins, pas d’expertise de la voiture et donc aucune réponse" avant de demander la relaxe pour sa cliente.

F.V est finalement condamnée à un an de prison avec sursis et la suspension de son permis de conduire pendant six mois, soit les réquisitions de la procureure.

 

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