Convoqué pour le requin de Manapany, Didier Dérand défend toujours le sauvetage

Six mois après la capture et le relâcher en mer d'un requin juvénile coincé dans le bassin de Manapany, l'enquête se poursuit. Après Jean-Bertrand Baillif fin juillet, Didier Dérand, président de l'association VAGUES, a été entendu près de deux heures ce vendredi matin à la gendarmerie de Saint-Joseph.
L'intervention menée en février dernier pour sortir un requin juvénile du bassin de Manapany continue d'occuper des enquêteurs. Ce vendredi 14 août, c'était au tour de Didier Dérand, président de l'association VAGUES (Vivre activement pour garder un environnement sain), d'être convoqué à la gendarmerie de Saint-Joseph.
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Une audition de près de deux heures, six mois après l'opération qu'il avait organisée. Le 11 février, Didier Dérand avait fait appel à Jean-Bertrand Baillif, président de l'Union syndicale des pêcheurs artisans de La Réunion pour capturer le requin juvénile, avant de le relâcher vivant en pleine mer.
Jean-Bertrand Baillif avait déjà été entendu le 31 juillet à la gendarmerie de l'Étang-Salé. Il avait alors dénoncé une procédure "aberrante", affirmant avoir simplement apporté bénévolement son aide pour libérer l'animal.
Témoin pour Dérand, suspect pour Baillif
À la différence du pêcheur professionnel, Didier Dérand a été entendu en qualité de témoin. "C'est l'association VAGUES, c'est-à-dire moi-même, qui lui avait demandé assistance puisque je ne suis pas pêcheur. Et, semble-t-il, au niveau réglementaire, puisque c'est lui le pêcheur, il a été entendu en tant que suspect, tandis que moi, je n'ai pas pêché", explique-t-il la logique des autorités.
Dans l'éventualité d'une convocation devant un tribunal, Didier Dérand a tout de même pris attache auprès d'un avocat alors que la plainte aurait été déposée par la Direction de la mer sud Océan Indien (DMSOI).
Pour autant, Didier Dérand continue de défendre le bien-fondé de l'intervention du 11 février pour "préserver avant tout la vie du requin"; "préserver également la sécurité du public" mais aussi "rétablir l’accès au bassin pour le public". Le président de VAGUES rappelle notamment que le requin attirait quotidiennement de nombreux curieux malgré l'interdiction.
Comme Jean-Bertrand Baillif avant lui, Didier Dérand ne cache pas son incompréhension face à cette procédure. "Je trouve regrettable qu'on en arrive à être traîné devant les autorités pour avoir relâché un bébé requin".
Le président de VAGUES évoque également les nombreux contentieux engagés depuis plusieurs années par son association concernant la politique de gestion du risque requin. "Est-ce que les autorités nous en ont voulu ? Je n'en sais rien, je n'irai pas affirmer sans preuve."
À l'issue de son audition, aucune décision sur les suites de l'enquête ne lui a été communiquée. "Il est possible qu'on soit entendus par le tribunal, je dis bien possible. Il est possible que l'affaire soit classée par le procureur de la République."


