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Contrats PEC : Manuel Valls attendu de pied ferme dimanche par les élus de La Réunion

Ecrit par Thierry Lauret – le jeudi 3 avril 2025 à 06H33

Si la manifestation devant la préfecture pour la défense des contrats PEC a été marquée par une scission entre élus de gauche et de droite, la classe politique réunionnaise n'en demeure pas moins unanime pour faire pression sur le ministre des Outre-mer Manuel Valls, dès son arrivée dimanche dans l'île.

Il y a eu un avant et un après, ce mercredi 2 avril lors de la manifestation pour la défense des contrats Parcours emploi compétences (PEC) dans le Jardin de la liberté, à Saint-Denis.

Avant la rencontre prévue à 11h avec le préfet Patrice Latron, un large éventail de la classe politique réunionnaise a fait front pour s'opposer aux restrictions budgétaires de l’État sur le financement des PEC. Ces emplois aidés concernaient 12.000 personnes l'an dernier, et 5.000 de moins en 2025, selon les projections effectuées en tenant compte de la baisse des crédits.

Lire aussi : Devant la préfecture, les élus unis pour sauver les contrats PEC

« Nous voulons dire à l’État que nous n'acceptons pas l'affront qu'il vient de nous faire. Si l’État vous abandonne, alors il nous abandonne », a ainsi clamé Serge Hoareau, le président de l'Association des maires. Quelques instants plus tard, le maire de Petite-Île se retrouvera seulement entouré d'une poignée d'élus comme Jeannick Atchapa, Vanessa Miranville ou Sidoleine Papaya pour discuter avec le préfet.

Entre-temps, Huguette Bello avait claqué la porte de la réunion avec Patrice Latron, parce que ce dernier avait refusé la présence des représentants syndicaux lors de la table ronde. Inacceptable pour la présidente de Région, qui a répété à plusieurs reprises : « Nous ne serons plus sages ni obéissants ».

La défense des contrats PEC pouvait difficilement échapper aux divergences politiques, malgré le front uni affiché au début de la manifestation. Ericka Bareigts, déjà, avait affiché sa colère au micro en expliquant que la ministre du Travail Catherine Vautrin lui avait fait valoir que les contrats PEC de La Réunion étaient bien mieux soutenus par l’État que ceux de l'Hexagone (43% de prise en charge contre 28%), et que la maire de Saint-Denis n'avait qu'à réclamer plus d'argent à Manuel Valls.

Le ministre des Outre-mer est justement attendu dans l'île dimanche. Même si le retour de Manuel Valls à La Réunion n'a pas encore été officialisé, il pourrait commencer sa visite de trois jours par la sous-préfecture de Saint-Paul, selon certaines indiscrétions.

« Nous, les associations, on ne nous demande jamais notre avis 

« Quand Hollande, le dernier président de gauche que nous avons eu, était au pouvoir, c'étaient 19.000 contrats aidés que nous avions. On nous dit qu'on veut faire de l'électoralisme, mais qui veut réduire la durée des contrats à six mois ? C'est le gouvernement. Madame Vautrin est de droite, elle n'aime pas le social », a tonné, en réponse à Ericka Bareigts, le maire de Saint-Joseph Patrick Lebreton.

Quant au secrétaire général de la CGTR Jacky Balmine, il n'a pas non plus mâché ses mots concernant le président Emmanuel Macron. « L’État a décidé sans aucune consultation de réduire drastiquement les financements des contrats PEC. C'est un déni de démocratie, mais on en a l'habitude. C'est un président qui joue les chefs de guerre pendant que le peuple souffre de la précarité ».

Le préfet Patrice Latron n'avait semble-t-il pas envie d'ajouter au discours social des élus de gauche les revendications des syndicats, et leur a donc refusé l'accès à la réunion de travail. Occasionnant le clash avec les élus de gauche et le durcissement annoncé des discussions avec Manuel Valls. Voire avec Emmanuel Macron lors de sa visite prévue dans l'île le 21 avril.

« C'est un rendez-vous obtenu par l'AMDR », s'est justifié Serge Hoareau pour expliquer sa décision de discuter avec le préfet quand d'autres ont choisi de partir, par solidarité avec les syndicats. Le président de l'AMDR a opté pour la voie de la négociation avec Manuel Valls, plutôt que celle de l'affrontement avec l'État.

Lire aussi : Manifestation pour les PEC : Bello claque la porte de la réunion en préfecture

D'autres avaient préféré de ne pas s'afficher, comme le RN Johnny Payet, Patrice Selly ou Cyrille Melchior.

Dans les rangs des manifestants, certains aimeraient aussi pouvoir s'expliquer avec Manuel Valls lors de son séjour. « J'ai fait la manif pour les contrats PEC en 2019, quand Annick Girardin était là. J'aimerais bien participer à une table ronde avec Manuel Valls. Nous, les associations, on ne nous demande jamais notre avis », regrette Dominique Cadet, la présidente de l'ABDEC

La trentaine de contrats PEC de son association s'occupe de l'entretien d'espaces sensibles et naturels de Saint-Benoît, mais aussi de sites touristiques comme l'aire de pique-nique de Takamaka ou le sentier des Ravenales.

Contrats PEC, Manuel Valls
Dominique Cadet, présidente de l'ABDEC.
Etiquettes : Contrats PEC | Manuel Valls

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